Rencontre entre rebelles et milices pro-Bamako pour parler de paix

Des militants indépendantistes du MNLA, à Kidal, dans le nord du Mali le 28 juillet 2013.
© AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

Une délégation des rebelles de la Coordination des mouvements de l’Azawad a terminé une visite de deux jours dans la capitale malienne au cours de laquelle ils ont promis au président Ibrahim Boubacar Keïta de tout mettre en œuvre pour éviter de nouveaux affrontements. Pour la première fois, une rencontre entre rebelles et représentants des groupes d’auto-défense pro-Bamako a également eu lieu.

Au cours d’une visite de 48 heures dans la capitale malienne qui s’est terminée hier soir, une délégation de la Coordination des mouvements de l’Azawad a rencontré - c’est une première -, une délégation des groupes d’auto-défense loyalistes. « Au cours de la rencontre, le climat était moins tendu que sur le terrain », confie un témoin de cette rencontre.

La CMA avait quasiment suspendu sa participation aux travaux du comité de suivi de l’accord d’Alger. Mais depuis, ses adversaires sur le terrain - les groupes armés rassemblés au sein de la plateforme du Groupe auto-défense touareg Imghad et alliés (Gatia) - ont quitté leurs positions à Anéfis, répondant ainsi à l’appel du président malien Ibrahim Boubacar Keïta et à la pression de la communauté internationale.

Nouvel engagement à respecter le cessez-le-feu

La semaine dernière, dans les jours qui ont suivi le retrait des hommes du Gatia, les combattants de la CMA sont revenus occuper la ville, au grand dam du ministre malien en charge de la Reconstruction du Nord, Hamadoun Konaté. Invité sur l’antenne de RFI le week-end dernier, celui-ci plaide pour que « la Minusma, qui est présente aujourd’hui au niveau d’Anéfis, prenne toutes les dispositions en rapport avec toute autorité compétente pour qu’Anéfis soit libre de la présence de tout mouvement armé ».

Au terme de la rencontre qui s’est tenue à Bamako cette semaine, les deux parties - Gatia et CMA - se sont en tout cas engagées à ne plus faire parler les armes. Un nouvel engagement à respecter le cessez-le-feu qui a plusieurs fois été mis à mal.

Au cours de son séjour à Bamako, la délégation de la CMA a également rencontré le président IBK. « Nous avons dit au président malien que nous voulons la paix et il faut que tout le monde dise la même chose », rapporte à RFI le chef de la délégation des rebelles. Une délégation de la CMA qui est retournée dans son fief de Kidal avec un autre engagement : mener une campagne de sensibilisation auprès de ses troupes pour éviter de nouveaux affrontements.