RDC: Kabila fait le ménage dans son gouvernement

Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo (RDC).
© REUTERS/James Akena

En RDC, dix jours après le divorce au sein de la majorité présidentielle entre un groupe de sept partis frondeurs et le reste de la coalition au pouvoir et une série de révocations et démissions tonitruantes au sein du gouvernement et des institutions publiques, le président Joseph Kabila a tranché et remanié le gouvernement en place. Le résultat : un toilettage plutôt qu’un changement radical de gouvernement. Sur la quarantaine de ministres, seule une dizaine change.

Sont remplacés, principalement, les ministres des partis frondeurs, les membres du « G7 » comme ils se surnomment. Quatre d’entre eux avaient démissionné, les autres avaient pris leurs distances avec leur formation et avaient juré fidélité au chef de l’Etat. Au final, Joseph Kabila n’a pas fait de distinction et tous ont été remerciés et remplacés. Un « nettoyage-sanction », en quelque-sorte.

Autre changement, la permutation des ministres de la Défense et des Hydrocarbures. Mais chacun des deux restent à un poste clef du gouvernement.

Matata Ponyo reste en place

Ce qui ne change pas par contre, c’est le capitaine du navire, le Premier ministre Matata Ponyo, faisant taire ainsi les rumeurs des derniers jours qui prédisaient son remplacement. Le chef du gouvernement survit ainsi pour la troisième fois à un remaniement depuis sa prise de fonction en mai 2012. Se maintiennent avec lui des proches collaborateurs et alliés de son équipe, le ministre des Transport par exemple ou encore celui de l’Economie.

Un toilettage minimum donc, qui envoie plutôt un signal de continuité. Une façon de dire peut-être que le divorce au sein de la majorité n’ébranle pas la scène politique tant que ça, et ce, même si des membres importants du Parlement et du Sénat n’ont pas encore été remplacés. Le gouvernement se resserre autour de fidèles incontestables de la majorité. Huit ministres et deux vice-ministres moins connus, mais tous des inconditionnels.

Une proposition de loi sur l'organisation d'un référendum

Parmi eux, Simplice Ilunga Monga. Le nouveau vice-ministre du Transport a fait parler de lui dès ce samedi avant même de prendre ses nouvelles fonctions. En cause, une proposition de loi qu'il a corédigée avec un autre député de la majorité et qui porte sur les modalités d'organisation d'un référendum en République démocratique du Congo. Pour le moment, il ne s'agit que d'une proposition qui vient d'être soumise au gouvernement pour avis et commentaires.

Mais rien à faire, à Kinshasa la polémique est lancée, tant le mot référendum est synonyme de craintes dans un contexte d'incertitudes quant au maintien ou non du président Joseph Kabila à l'issue de son deuxième et dernier mandat fin 2016.