Burkina Faso: le désarmement du RSP avance au compte-goutte

Matériel récupéré dans le camp du RSP et transféré par l'état-major au camp Guillaume, en plein coeur de Ouagadougou.
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Au Burkina Faso, le désarmement du Régiment de Sécurité présidentielle (RSP) avance très lentement. Pour la deuxième journée consécutive, l’armée a récupéré des caisses de munitions et quelques véhicules blindés mais il reste beaucoup à faire avant de pouvoir parler d’un désarmement du régime d’élite de l’armée, auteur du coup d’état manqué.

« L’essentiel du matériel, ce sont des véhicules équipés de système d’armes LRM (des lance-roquettes multiples, deux Bastions PATSAS, des caisses à munitions et de l’armement. C’est tout ce qu’on a pu récupérer. Dans les jours à venir, l’opération de collecte d’armement va pouvoir se poursuivre », a déclaré un officier du camp Guillaume, en plein cœur de Ouagadougou.

La nuit est tombée et le secteur est bouclé par des soldats en armes, sur le pied de guerre. L’Etat-major emmène un petit groupe de journalistes vérifier la réalité du désarmement du RSP, le régiment de Gilbert Diendéré.

Le désarmement prend du temps, de l’aveu même des officiers, car personne ne sait exactement ce que contient le camp du RSP en termes d’armes et de matériel de guerre. Le RSP a beau avoir été dissous par décret, les soldats y sont toujours cantonnés et la collaboration avec l’état-major nécessite manifestement beaucoup de diplomatie.

Pourtant, le personnel du RSP a déjà été réaffecté sur le papier à d’autres unités.

« Ici, ils sont mis par armes et par service, puisque dans le RSP il y avait des fantassins, des artilleurs, des régiments qui venaient du train, des gens qui s’occupaient du matériel, d’autres qui étaient dans l’administration et il y avait aussi des cavaliers. Tout ce personnel a été réaffecté », explique l’officier.

Combien de temps prendra le désarmement complet du régiment de Gilbert Diendéré ? Les estimations des soldats vont de une à trois semaines.