RDC: un projet de loi sur le référendum inquiète l’opposition

Le Palais du peuple, à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
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En République démocratique du Congo, la perspective d'un troisième mandat du président en place révolte l'opposition. Et en ce moment, c'est un projet de loi qui cristallise les débats. Le texte porte sur l'organisation d'un référendum, mais la Constitution ne prévoit que trois cas de figure : un référendum pour changer de capitale, un référendum pour changer les frontières du pays ou un référendum pour réformer la Constitution.

Modifier la Constitution en RDC et permettre à Joseph Kabila, dont le deuxième mandat arrive à sa fin en 2016, de se représenter, c’est ce qui inquiète Jean-Bertrand Ewanga, le secrétaire général de l'UNC : « C’est un projet de loi à rejeter parce qu’inopportun dans les circonstances actuelles où notre peuple attend l’organisation des élections dans le délai constitutionnel. Il y a des collègues qui ont initié cette loi et cette démarche est une provocation de notre peuple. Et nous sommes en train de mobiliser notre peuple pour faire échec à cette loi. Maintenant, nous attendons des élections. Ils n’ont pas l’argent pour organiser les élections des gouverneurs qui ont coûté deux millions. Où est-ce qu’ils trouveront l’argent pour organiser les référendums »

Ce projet de loi est censé définir les règles d’organisation d’un référendum et non pas de l’organisation d’un référendum. Mais pour l’opposition, il y a clairement une arrière-pensée : « Nous les voyons venir, ils veulent organiser un référendum. Je vous assure que notre peuple sera mobilisé et je vous parle comme le modérateur de la dynamite de l’opposition. Nous allons nous réunir pour barrer la route à ces imposteurs de dernière minute. Ils veulent troubler les eaux alors que notre peuple n’attend que les élections, pas autre chose », ajoute Jean-Bertrand Ewanga.

Ces Inquiétudes ne sont pas fondées pour le député Lucain Kasongo. Il est l'un des deux initiateurs du projet de loi et se défend de toute arrière-pensée : « Il n’y a pas l’intention d’organiser le référendum constitutionnel ou la révision de la Constitution à partir du référendum, non. Nous voulons mettre à la discussion de la République un cadre juridique permanent ».