Référendum au Congo-Brazzaville: la mise au point du pouvoir

L'opposition dénonce un «coup d'Etat constitutionnel» du président du Congo-Brazzaville, Denis-Sassou Nguesso. (ici le 3 mars 2015 à Bruxelles).
© AFP/Thierry Carlier

Au Congo-Brazzaville, deux jours ont suffi au pouvoir pour répondre à l'opposition qui, dimanche 27 septembre, a dénoncé lors d'une manifestation un « coup d'Etat constitutionnel » suite à l'annonce d'un référendum dont l'opposition soupçonne qu'il serve à modifier la Constitution pour permettre au chef de l'Etat Denis Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat. Pierre Mabiala, le ministre des Affaires foncières, a répondu aux opposants mardi 29 septembre à Dolisie, le fief de l'opposition, à l'occasion d'une conférence de presse aux allures de meeting en salle.

« Il n’y a pas de troisième mandat qui puisse exister ! Nous suivons ça dans presque toutes les presses, surtout les presses internationales. Troisième mandat. Il veut un troisième mandat. Non, messieurs ! Non ! »

C’est par ce démenti que le ministre cogolais Pierre Mabiala a démarré sa conférence de presse, qui a pris les allures d’un meeting en salle, au regard du nombre de participants que la salle de conférence de la préfecture du Niari n’a pu contenir.

Pour lui, le référendum est juridiquement justifié et le « coup d’Etat constitutionnel » évoqué par les opposants n’existe que dans leur propre vocabulaire : « La décision d’un peuple peut être assimilée à un coup d’Etat. Est-ce que la décision d’un peuple s’appelle coup d’Etat ? »

Les militants et autres responsables du Parti Congolais du Travail du Niari attendent le référendum presque avec impatience : « Le président, je crois qu’il est sur la bonne voie. Il a toujours été sur la bonne voie, rassurez-vous. »

« Ce sont les urnes qui doivent départager. Si le non l'emporte, eh bien, on fait surseoir la nouvelle Constitution ! Mais si le oui l’emporte, on va à la nouvelle Constitution ! »