Burkina Faso: le général Diendéré se rend aux autorités

Le général Diendéré, leader des putschistes au Burkina Faso, fait désormais l'objet de sanctions prononcées par l'Union africaine : gel des avoirs à l'étrangers et interdiction de voyager.
© AFP PHOTO / AHMED OUOBA

Le général putschiste Gilbert Diendéré, qui avait trouvé refuge à l’ambassade du Vatican à Ouagadougou, a été remis ce jeudi aux autorités burkinabè. Après 36 heures de négociations, il a été conduit sous bonne escorte dans un camp de la gendarmerie. La justice va désormais pouvoir l’entendre exposer sa version du coup d’Etat manqué du 16 septembre.

Fin de partie pour le général Gilbert Diendéré, qui a donc capitulé une seconde fois en huit jours ce jeudi. Après avoir remis le pouvoir le 23 septembre dernier au président Michel Kafando qu'il avait renversé la semaine précédente, le général putschiste vient de se rendre aux gendarmes venus le chercher à l'ambassade du Vatican aux alentours de 15 h (TU). Il a immédiatement été transféré sous bonne garde dans l’une de leurs casernes.

Gilbert Diendéré était réfugié à l'ambassade du Vatican depuis mercredi. Il y a passé ses dernières heures à négocier les conditions de sa reddition, et en particulier a cherché à obtenir des garanties de sécurité pour lui et sa famille. Sa femme, Fatou Diendéré, serait elle aussi réfugiée dans une ambassade.

Ces dernières heures, Gilbert Diendéré affirmait qu'il tentait de modérer les irréductibles du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) qui, jusqu'à l'assaut de mercredi lancé contre le camp Nabaa Koom, ne voulaient pas rendre les armes.

Demande de justice

La justice burkinabè va désormais pouvoir entendre sa version du coup d’Etat. Depuis huit jours, la stratégie du général Diendéré consiste à affirmer qu’il a récupéré un mouvement venu de la base. Selon lui, il n'aurait pas lui-même suscité le coup d'Etat.

Dans leur grande majorité, les Burkinabè veulent, eux, que cet homme impopulaire soit traduit en justice et réponde des morts engendrés par la répression exercée par le RSP. Une quinzaine de personnes ont été tuées lors des manifestations consécutives au putsch du 16 septembre dernier.

Dans une rue de Ouagadougou, un message appelle à la justice après le coup d'Etat du 16 septembre. © AFP PHOTO / SIA KAMBOU