La malnutrition, un problème grave et récurrent en Afrique centrale

En Afrique, au sud du Sahara, 220 millions de personnes seront sous-alimentées entre 2014 et 2016.
© EC/ECHO/Anouk Delafortrie

Au Gabon, l'OMS et la FAO réunissent les principaux acteurs qui luttent contre la faim et la malnutrition en Afrique centrale. Dans cette région, presque tous les Etats sont riches en matières premières, ont une bonne pluviométrie et des terres arables, mais il y a plus de personnes qui souffrent de la faim chronique par rapport à l'Afrique de l'Ouest, victime pourtant de la sécheresse.

Les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) font froid dans le dos. En Afrique, au sud du Sahara, 220 millions de personnes seront sous-alimentées entre 2014 et 2016. Ils étaient 175 millions au début des années 1990. L'Afrique de l'Ouest s'en sort bien. Là-bas, le nombre de personnes souffrant de la faim a été réduit de 24% en deux décennies.

En Afrique centrale au contraire, les victimes de la faim augmenteront de 143% en 2016. Deux pays tirent la région vers le bas, selon Mohamed Ag Bendesh, chargé de la nutrition au bureau régional de la FAO pour l'Afrique : « Il y a la RDC et la République centrafricaine, deux pays en conflit. Il y aussi d’autres facteurs par exemple, la région dépend encore des importations et quand on importe, il est difficile de réguler les prix, de contrôler la qualité ».

Qu'est-ce qu'il faut faire pour combattre la faim chronique dans une région où il y a l'eau, les terres et le soleil ? « Il faut que l’on ait dans chaque pays un seul programme, estime Noël Zagré, conseiller régional Afrique de l'Ouest et du centre en matière de nutrition. Il ne faut pas avoir plusieurs programmes qui se chevauchent. Et les financements sont encore insuffisants ».

Les experts de la sous-région ont jusqu'à vendredi pour élaborer une feuille de route qui permettra de chasser la famine chronique en Afrique centrale.