RCA: le Premier ministre veut renforcer la sécurité à Bangui

Le Premier ministre centrafricain Mahamat Kamoun, lors d'une conférence de presse à Bangui, le 1er octobre 2015.
© AFP PHOTO / EDOUARD DROPSY

En Centrafrique, les violences de ces derniers jours semblent s’éloigner, la nuit a été calme ainsi que la matinée. Ce jeudi, les autorités de la transition se sont exprimées publiquement. Le Premier ministre, Mahamat Kamoun, a tenu une conférence de presse au ton très énergique.

Le Premier ministre a fait de nombreuses annonces et il s’est surtout énervé. Enervé contre ceux qui pointent du doigt la responsabilité du gouvernement et des forces internationales dans les événements. A une question posée par un journaliste local, Mahamat Kamoun a répondu vivement : « Vous croyez que l’on peut détruire volontairement les bâtiments publics, attaquer les gendarmeries, tuer nos compatriotes et mettre ça ensuite sur le dos de l’Etat ? », s’est-il offusqué. « Ceux qui ont un intérêt à ce que le pays soit paralysé ce sont les groupes armés », a-t-il conclu.

Son constat est clair : « Il y a des dizaines de milliers de personnes déplacées, le processus électoral est à l’arrêt. Il va falloir relancer le pays ». Et pour relancer le pays, justement, le gouvernement va renouer le dialogue avec l’ensemble de la société civile et politique.

La question de la sécurité

Nous n'hésiterons pas à poursuivre et à mener en justice ceux qui pourraient avoir commis des crimes y compris lors de la dernière semaine.
Pascal Turlan
02-10-2015 - Par Daniel Finnan

Pour relancer le pays, il faut aussi que les Centrafricains puissent circuler librement. Après un appel aux syndicats de taxis et de bus, le Premier ministre s'est engagé à faire lever toutes les barricades de la capitale : « Il faut que les gens sentent que la sécutité est revenue pour leur permettre de se déplacer. Cette mise en confiance passe par le démentèlement des barrières. » Le Premier ministre a aussi annoncé le renforcement des patrouilles des forces internationales, Minusca et Sangaris. Des forces internationales dont il a défendu l’action, alors qu’elles sont vivement critiquées par une partie de la société civile depuis ce week-end et le début des événements dans la capitale.

Le Premier ministre a, de plus, déploré les attaques récurrentes contre la communauté humanitaire. La majorité des ONG sont encore à l'arrêt à Bangui. Une situation alarmante pour Mahamat Kamoun : « Lorsqu'on va s'accager le siège des humanitaires, quel est l'objectif ? C'est pour donner un mauvais signal comme quoi il y a de l'insécurité en Centrafrique. Tout est minutieusement planifié pour paralyser le pays. »

Vers un glissement des élections

En ce qui concerne les élections, ses déclarations ont été plus nuancées. Le référendum prévu le 4 octobre n’aura pas lieu. Il est évident que cette échéance ne pouvait être tenue. Il a également évoqué un éventuel glissement du chronogramme à début 2016, c'est-à-dire des élections, non pas avant la fin de la transition, mais éventuellement dans les tout premiers mois de l’année 2016. Il a affirmé que le gouvernement ferait quand même tout son possible pour que les élections soient organisées comme convenu, avant le 31 décembre 2015.

Enfin, la Centrafrique va observer trois jours de deuil national. Le décret devrait être pris dans les heures qui viennent.

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