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RCA: après les pillages, les ONG peinent à reprendre leurs activités

Vu de la capitale Bangui, en RCA, après les violences, le 29 septembre 2015.
© AFP PHOTO/EDOUARD DROPSY

A Bangui, les ONG ont du mal à redémarrer après les violences de ces derniers jours. Beaucoup de structures ont été dévastées par les pillards, notamment l’Office international pour les migrations (OIM) ou encore le siège d'Action contre la faim. Les activités d'urgences restent assurées, notamment avec Médecins sans frontières.

Dans les locaux de l'OIM, ce que les pillards n'ont pas pu emporter, ils l'ont détruit. Certains se sont acharnés sur les vitres d'une voiture blindée, d'autres ont méticuleusement éparpillé l'ensemble des dossiers. Avec quelques habitants du quartier, Pablo Mobutu s'est opposé à la destruction du bâtiment et s'est improvisé gardien depuis les événements. « Les gens pillaient, les gens pillaient, raconte-t-il. Ils commençaient à enlever les portes, les fenêtres, même la toiture de la maison. On a dit "non", c’est la maison des vieux du quartier. Donc nous les jeunes il faut qu’on se mobilise pour défendre la maison. »

Direction le PK5 où l'église Saint-Michel a été totalement détruite, le toit s'est effondré. Les rues sont désertes et les vestiges des barricades à base de voiture calcinée et de troncs d'arbres obstruent le chemin.

Aurélien Abgénonci, le coordonnateur humanitaire en RCA pour l’agence Ocha, déplore vivement ces attaques contre les ONG et plaide à nouveau pour la libre circulation. « En pillant les bureaux des ONG, en pillant les résidences des travailleurs des ONG, ceux qui ont perpétré ce coup et ces agissements, ont entraîné quelque chose de difficile pour nous. Plusieurs travailleurs humanitaires, plus de 200, ont quitté le pays », affirme-t-il.

« Les humanitaires ne sont engagés dans aucune guerre »

Aurélien Abgénonci tient aussi à faire taire les rumeurs et lance un appel aux protestataires. « Nous avons un problème d’accès sécurisé, explique-t-il. (…) Alors c’est un appel que je lance aussi à ceux qui sont engagés dans ces mouvements pour qu’on puisse laisser circuler les humanitaires. Les humanitaires ne sont engagés dans aucune guerre. Il n’est pas vrai comme certains le disent qu’on a trouvé des armes dans les locaux des ONG. Ce n’est pas vrai. Un gilet pare-balles n’est pas une arme, c’est un outil pour se protéger. Donc je voudrais dire très clairement qu’on n’a jamais trouvé d’armes sur des sites où travaillaient des humanitaires. »

A Bangui les premiers à pâtir des violences sont les nouveaux déplacés. On en compte près de 37 000 depuis samedi dernier.

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