Burundi: une brigade spéciale dans les quartiers contestataires

Des policiers à Bujumbura le 26 avril 2015.
© Photo RFI/ SR

Bujumbura a de nouveau été le théâtre de scènes de violences ce week-end. Huit personnes sont mortes selon la police, une quinzaine selon des habitants joints par l'AFP. Ces affrontements se sont produits dans les quartiers nord, notamment à Mutakura et à Cibitoke, où les populations ont exprimé leur rejet du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Fait nouveau sur le terrain, les opérations sont menées par une brigade anti-émeutes.

D'après un décret publié la semaine dernière, la brigade anti-émeutes est chargée de « prévenir et de gérer les grands événements et les actes de terrorisme graves ». Sa mission est d'intervenir en cas d'émeutes. Mais officieusement, cette brigade opère dans les quartiers contestataires du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza.

Un habitant de Cibitoke décrit « des officiers portants un uniforme différent », usant d'une « brutalité inouïe » vis-à-vis des civils. Les habitants de ce quartier, cités par l'AFP, décrivent des victimes tuées par balle.

Selon un haut-gradé de la police, cette brigade est composée de policiers triés sur le volet. Au total, il y aurait là près de 300 hommes, des tireurs d'élite pour l'essentiel.

Enfin, autre particularité de cette unité spéciale : elle est dirigée par le lieutenant-colonel Désiré Uwamahoro. Un officier des renseignements au passé judiciaire déjà chargé. Ce responsable avait été condamné à cinq ans de prison en 2010 par le tribunal de Muramevya pour avoir commis des actes de tortures dans le centre du pays.