Redécoupage territorial en RDC: les assemblées provinciales suspendues

Kinshasa, la capitale congolaise, n'est pas concernée par le rédécoupage administratif.
© Craig Lapp/NFB/Getty Images

Nouveau signe du difficile redécoupage administratif de la RDC en 21 nouvelles provinces décidé en juin dernier, les toutes nouvelles assemblées de ces provinces ont reçu l'ordre du ministère de l'Intérieur de ne pas siéger comme prévu. Ces assemblées provinciales sont pourtant censées préparer l'élection des futurs 21 nouveaux gouverneurs, reportée sine die. 

C'est par téléphone et par voie de communiqué qu'a été donné l'ordre aux assemblées provinciales de ne pas démarrer leur session de septembre. A ce jour, le ministère de l'Intérieur n'a pas donné d'explication à cette décision, ouvrant la porte à toutes sortes d'hypothèses.

Selon une source au gouvernement, il s'agirait d'une « mesure de précaution » le temps de remettre de l'ordre dans toutes les assemblées. Car il y aurait notamment des conflits entre députés dans certaines d'entre elles.

Mais d'autres observateurs s'interrogent. La Cour constitutionnelle a validé le règlement intérieur d'au moins huit nouvelles assemblées provinciales. Rien ne les empêche donc de se remettre au travail, d'avancer, entre autres sur l'élection d'un nouveau gouverneur. Un scrutin reporté sans qu'une nouvelle date n'ait été fixée.

Suspendre la session ne fait-il pas courir le risque de retarder un peu plus le calendrier électoral déjà totalement grippé ? Le blocage ne serait-il pas finalement intentionnel de la part de Kinshasa ? Voilà ce que se demande une partie de la classe politique.

Enfin, d'autres sources évoquent un bras de fer entre Kinshasa et certaines provinces traditionnellement frondeuses, comme celle du Katanga par exemple, où le redécoupage en quatre entités se fait difficilement. Suspendre les assemblées serait une façon pour Kinshasa de reprendre les choses en main.

Nommer d'abord 21 fonctionnaires à la tête de ces provinces comme l'y autorise la Cour constitutionnelle. Des émissaires qui pourraient alors s'assurer d'un meilleur contrôle de ce laborieux redécoupage en 21 provinces.