Affaire Omar el-Béchir: l'Afrique du Sud contre-attaque face à la CPI

Omar el-Béchir (G) aux côtés de Denis Sassou-Nguesso (D), sur la photo de famille du sommet de l'UA, le 14 juin 2015..
© REUTERS/Siphiwe Sibeko

La CPI avait donné au gouvernement sud-africain jusqu'à ce lundi minuit pour expliquer pourquoi il n’a pas arrêté le président soudanais alors qu’il se trouvait sur son territoire, alors qu'Omar el-Béchir est sous le coup d’un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et génocide. Pretoria accuse désormais la Cour pénale internationale d’avoir violé ses droits en tant que pays signataire du traité de Rome.

Pretoria a donc décidé de passer à l’offensive dans l’affaire Omar el-Béchir. Dans un communiqué, le gouvernement dénonce ce qui au départ était une discussion avec Cour pénale internationale et qui s’est transformé en procédure judiciaire. Peut-on arrêter un chef d’Etat qui participe à un sommet de l’Union africaine et qui bénéficie d’une immunité ? Pretoria explique que face à ces obligations contradictoires, elle a approché la CPI pour en discuter, et qu’avant même qu’elle puisse présenter ses arguments, l’affaire a été portée devant un tribunal.

Pretoria estime que la procédure n’a pas été respectée, que ses droits ont été enfreints et que la CPI a agi à l’encontre de l’esprit du traité de Rome. L’Afrique du Sud demande donc plus de temps pour expliquer pourquoi elle n’a pas arrêté le président soudanais, invoquant la complexité du droit international et national.

Elle ajoute qu’elle va saisir l’organe politique de la CPI pour clarifier les règles concernant l’immunité des chefs d’Etat qui ne sont pas membres de l’institution.

Lors de sa visite en juin dernier, un tribunal de Pretoria avait interdit à Omar el-Béchir de quitter le territoire dans l'attente d'un jugement définitif, mais le gouvernement n'avait pas tenu compte de cet ordre et l'avait laissé reprendre son avion depuis une base militaire, provoquant une vive polémique.