Violences en Guinée: appel au calme avant l’élection présidentielle

Une affiche de campagne pour le président sortant Alpha Condé à Conakry où la présidentielle se tiendra ce dimanche 11 octobre 2015.
© REUTERS/Saliou Samb

Le calme est revenu lundi à N’Zérékoré, dans le sud-est de la Guinée. Vendredi et samedi, des heurts ont éclaté entre partisans du président Alpha Condé, candidat en campagne pour le scrutin de ce dimanche, et sympathisants de candidats de l'opposition, dont son principal adversaire, Cellou Dalein Diallo. Le dernier bilan officiel fait état d’un mort et de 29 blessés. Des sources humanitaires parlent de près de 80 blessés.

Après les « actes de vandalisme inqualifiables » qui ont touché ce week-end N’Zérékoré, la capitale régionale de la Guinée forestière, le ministre de l'Intérieur Mahmoud Cissé a fait part de « sa consternation », ce lundi. « Le constat est qu’il y a eu des tentatives de fausser les règles du jeu en semant le désordre pour perturber le climat de sérénité dans lequel la présente campagne présidentielle se déroule », a-t-il déploré lors de son point de presse.

Après l'instauration d'un couvre-feu, le calme est revenu lundi dans la localité. Le ministre de l’Interieur a appelé au calme et il a demandé aux Guinéens de ne pas troubler la fin de la campagne électorale. « J’appelle ceux qui veulent troubler l’ordre public à la retenue parce que notre pays n’a pas besoin de violence en ce moment, a-t-il lancé. Les services de sécurité sont à pied d’œuvre pour identifier les fauteurs de trouble. Certains ont été arrêtés. Je demanderai aux populations de N’Zérékoré et de la Guinée en général de s’abstenir de perturber le climat de sérénité dans lequel nous avons commencé la campagne. »

A moins d’une semaine de l’élection présidentielle, des mesures ont été prises pour éviter que des troubles viennent émailler le scrutin. « Une chose est sûre : le pays est doté d’une loi sur le maintien de l’ordre, a prévenu Mahmoud Cissé. Cette loi sera appliquée dans toute sa rigueur envers ceux qui se rendraient coupables de toute violation que ce soit. »

Le ministre en appelle aussi à la responsabilité des acteurs politiques. « J’estime que les leaders des différents partis politiques candidats et leurs sympathisants vont faire preuve de sagesse pour éviter des affrontements », souligne-t-il.

Koundara, le 20 septembre dernier, Mamou et N’Zérékoré le week-end dernier. La campagne présidentielle 2015, comme en 2010 d’ailleurs, a été émaillée d’incidents parfois meurtriers. Militants d’Alpha Condé et partisans de Cellou Dalein Diallo, les deux principales forces politiques du pays, se mesurent non seulement sur le terrain politique, mais se livrent à chaque élection à ces tristes spectacles. Huit candidats sont en lice pour la présidentielle de dimanche.


■ A Conakry, le rêve d’une élection sans violence

Conakry grouille de vie. Après la pluie, les militants sont repartis en campagne, côte à côte, sans animosité. Et tous, à l'image de Moctar, s'adressent à leurs leaders politiques. « Ce que je peux dire aux leaders, c’est de mettre vraiment la balle à terre, de considérer le peuple et de ne pas voir leur intérêt personnel », lâche-t-il.

M. Sankon aime le foot. Devant lui, avec un ballon dégonflé, les jeunes jouent au milieu des voitures. Lui appelle au fair-play. « Nous voulons maintenant que ça se passe sans pagaille et sans la violence, explique-t-il. Pour le bonheur de ce pays. »

Awa est en plein travail. Son message est donc bref, mais clair : « Tous les Guinéens n’ont qu’à se calmer pour que l’élection présidentielle se passe bien. Que le meilleur gagne ! C’est ça que j’ai envie de dire », lance-t-elle.

Pour Mohamed, il est temps de penser à la solidarité entre tous les Guinéens. « Je rêve de la solidarité entre les gens : qu’il n’y ait pas de Soussous, qu’il n’y ait pas de Malinkés, qu’il n’y ait pas de Peuls, qu’il n’y ait pas de Forestiers dans ce pays que nous avons tant aimé et ce pays dans lequel nous avons tant souffert. Qu’il y ait seulement des Guinéens », appelle-t-il de ses vœux.

Mohamed Lamine, jeune chanteur conclut à sa manière : « Brûler et enflammer n’est pas la solution, fredonne-t-il. Donnons-nous la main pour que l’unité, l’égalité… C'est la fraternité. »