Guinée: l'opposition accuse la Céni de favoriser le camp présidentiel

Défilé de soutiens au candidat de l'opposition Sidya Touré, à Conakry, le 5 cotobre 2015.
© AFP PHOTO / CELLOU BINANI

L'opposition guinéenne, du moins ceux qui sont candidats à l'élection présidentielle du 11 octobre, est en colère contre la Commission nationale électorale indépendante qu'elle accuse d'être un instrument au service du camp présidentiel. Hier, au cours d'une conférence de presse, elle a annoncé qu'elle ne boycottera pas le scrutin, mais que sans elle, il n'y aura pas d'élection.

C’est une véritable offensive contre la Commission nationale électorale indépendante (Céni) et son président Bakary Fofana, à quelques jours seulement du scrutin présidentiel, que l’opposition a déclenchée ce lundi.

Ces tirs groupés accusant le numéro un de l’institution d’avoir artificiellement joué la montre pour mettre l’opposition devant le fait accompli. « Il y a des anomalies en grande quantité qui peuvent influencer la sincérité du scrutin. Il s’agit notamment du fichier électoral qui n’a pas été remis à temps et qui nous empêche de voir s’il y a des omis ou pas. Ensuite nous constatons une augmentation abusive du nombre d’électeurs de la région de Kankan qui a un taux de 44 % d’augmentation d’électeurs par rapport à 2013 alors que toutes les autres régions sont dans une moyenne générale de 23 à 24 % », s'indigne Aliou Condé, secrétaire général de l'Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG).

Interdire le vote par procuration

Dans ces conditions, l’opposition va-t-elle boycotter le scrutin ? « Nous ne pouvons pas boycotter après tous les investissements que nous avons faits. Ce que nous souhaitons, c’est qu’on ait des élections libres et transparentes, crédibles surtout, dans l’équité pour que les résultats puissent être acceptés par tous. Le cas échéant, rassurez-vous que nous ne resterons pas les bras croisés et que nous ne pouvons pas accompagner quelqu’un dans un processus de ce type », ajoute encore Aliou Condé.

Pour éviter tout cela, Mohamed Tall de l’Union des forces républicaines (UFR) préconise : « La Céni doit prendre conscience de l’ampleur des difficultés que connaît ce processus électoral. Dans un processus qui compte autant d’insuffisances, la moindre des choses qu’on aurait aimé obtenir de la Céni, c’est l’interdiction du vote par procuration. »

En campagne dans les embouteillages

En attendant, les candidats de tous bords multiplient les déplacements, notamment en région, pour convaincre les électeurs. Tous appellent au calme, au respect et à la bonne organisation du vote. Mais cette campagne menée tambour battant provoque d'immenses bouchons à Conakry.

Après cinq heures d’attente, la voie se dégage enfin. Sur les trottoirs, la campagne électorale ne s’est jamais arrêtée.
A Conakry, la campagne présidentielle entraîne de nombreux bouchons sur les routes
07-10-2015 - Par RFI