Somalie: un spécialiste du jihadisme nommé à la tête de l'Amisom

Francisco Caétano José Madeira, ici en 2011, lors d'un sommet de l'Union africaine.
© Miguel Martins/RFI

L'Union africaine a ce nommé mercredi 7 octobre Francisco Caetano José Madeira à la tête de la mission de maintien de la paix en Somalie (Amisom). Il est aussi devenu le représentant de l'Union africaine en Somalie. Le diplomate mozambicain est un expert en terrorisme et contre-terrorisme. Il dirigeait jusqu'alors le Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme basé à Alger.

Francisco Caétano José Madeira est une rareté. C'est un diplomate chevronné qui pourtant ne manie pas la langue de bois. En charge des questions de lutte contre le terrorisme à l'Union africaine, il fustige depuis des années le manque de moyens engagés par les pays africains dans leur lutte contre le terrorisme, en particulier dans la bande sahélienne.

À la tête depuis deux ans du Centre africain d'études et de recherches sur le terrorisme, Madeira a pu mesurer l'extension de la mouvance terroriste et des réseaux jihadistes africains. Récemment encore il mettait en garde les Européens qui se plaignaient de voir une frange de leur jeunesse s'engager en Syrie et en Libye. « Chez nous, disait-il, c'est encore pire. Le nombre d'Africains qui s'engagent explose. »

C'est donc un parfait connaisseur du terrorisme, mais aussi des moyens de le contrer, il plaide pour de véritables politiques de déradicalisation, qui prend aujourd'hui la tête de l'Amisom. C'est aussi un diplomate habile qui a contribué à d'innombrables missions de médiation. Au Burundi, durant la négociation des accords d'Arusha, aux Comores durant près de onze années, mais aussi dans son pays au Mozambique lorsque le pouvoir a signé la paix avec la Renamo.

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