Burkina Faso: une gendarmerie attaquée près de la frontière malienne

Un gendarme burkinabè à Ouagadougou près d'une position du RSP, au lendemain de la tentative de coup d'Etat, le 29 septembre 2015.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Un groupe armé comptant une cinquantaine d’hommes a attaqué à l’arme lourde une brigade de la gendarmerie burkinabè situé à Samorogouan, près de la frontière avec le Mali, ce vendredi 9 octobre. Trois gendarmes et l’un des assaillants ont été tués, selon le ministère de la Défense. Un civil aurait également été tué. Le gouvernement accuse « les forces étrangères et jihadistes ».

L'attaque s'est déroulée très tôt, ce vendredi, matin. Il était aux environs de 4 h (TU) lorsqu’une cinquantaine d'hommes armés ont tiré à l'arme lourde sur le camp de gendarmerie de Samorogouan, située à 450 km à l'ouest de la capitale Ouagadougou, près de la frontière entre le Burkina Faso et le Mali.

Deux gendarmes ont été tués dans l'attaque du camp. Par ailleurs, dans leur fuite, les assaillants ont rencontré deux autres gendarmes. L’un d’eux a été tué et l’autre a été pris en otage. « Cette attaque a causé la mort d'un assaillant et malheureusement celle de trois de nos gendarmes », précise l'état-major général des armées dans un communiqué.

Les mêmes hommes armés s'en étaient pris jeudi à des bâtiments publics, avant d'être repoussés par les gendarmes. Au moins 7 motos des assaillants ont alors été saisies par la gendarmerie. Mais les assaillants sont revenus à la charge dans la nuit de jeudi à vendredi, avec des armes lourdes, selon des témoins sur place. Selon plusieurs sources sécuritaires, ainsi qu’un témoin joint sur place, un civil a en outre été « égorgé » par les assaillants.

La piste « jihadiste » privilégiée

Cette double attaque, qui a eu lieu à une trentaine de kilomètres de la frontière malienne, n'a pas été revendiquée et les auteurs n'ont pour l'instant pas été identifiés. « Il s'agit d'une attaque de jihadistes », confiait cependant une source sécuritaire anonyme, vendredi. Une thèse qui est aussi celle du gouvernement.  Dans un communiqué celui-ci souligne que « tous les renseignements obtenus laissent penser à la continuité du plan de déstabilisation des institutions de la Transition, fomenté par les putschistes », et pointe un doigt accusateur sur « les forces étrangères et jihadistes », accusée d'avoir prêté main-forte aux auteurs du putsch raté du désormais dissous Régiment de sécurité présidentielle.

La tension est vive, et toute la région est en alerte. Selon nos informations, les assaillants se sont scindés en plusieurs groupes pour échapper aux forces de défense et de sécurité qui se sont lancés à leur poursuite. Tout en condamnant cet acte « barbare et ignoble », le gouvernement appelle les populations à la vigilance et rappelle que toutes les dispositions sont prises pour traquer les coupables et leurs complices. Le dispositif sécuritaire a été renforcé dans la zone : des soldats des forces armées nationales sont déjà sur place pour prêter main forte à la police et la gendarmerie.

Le général Pingrenoma Zagré, chef d'état-major général des armées assure que « des mesures sont prises pour renforcer leur protection et leur sécurité ». Il a également appelé les habitants à signaler toute individu, ou tout mouvement suspect. Des renforts de gendarmerie ont été envoyés sur place, a annoncé l’état-major.

Fin août, déjà, une brigade de gendarmerie avait été visé dans la localité d'Oursi, à frontlière entre le Burkina, le Mali et le Niger. Mais lors de cette précédente attaque, seul un gendarme et sa fille avaient été blessés.