Burundi: un membre de la famille de Pierre Claver Mbonimpa assassiné

Pierre Claver Mbonimpa, en avril 2015, quelques jours après avoir été remis en liberté par les services de renseignement burundais, à Bujumbura.
© AFP PHOTO/AYMERIC

Pascal Nshimirimana, l'un des gendres de la figure des droits de l'homme burundais Pierre Claver Mbonimpa, a été assassiné vendredi 9 octobre dans la matinée à Bujumbura. L’Aprodh, que préside le militant des droits de l’homme, réclame la protection de ses membres. La FIDH exige des enquêtes « indépendantes, impartiales et effectives » sur les meurtres qui se multiplient au Burundi.

Il était près de midi, ce vendredi 9 octobre. Pascal Nshimirimana rentrait chez lui, dans le quartier de Ngagara, à Bujumbura. « Quand il a ralenti le véhicule, il y a eu des détonations de grenades et autres… Et on l’a retrouvé mort », rapporte Balthazar Fengure, vice-président de l' Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh). Il souligne que Pascal Nshimirimana, marié à Zygène Mbonimpa, l’une des filles de Pierre Claver Mbonimpa, avait fait l’objet de menaces. Son épouse elle-même, membre également de l’Aprodh, venait d’ailleurs de rentrer à Bujumbura, qu’elle avait quitté suite à des menaces.

« Toute une famille pourchassée »

« C’est toute une famille qui est poursuivie, qui est pourchassée. Tous les jours, il y a des filatures, dénonce Balthazar Fengure. Nous demandons à ce que les membres de la famille [Mbonimpa, NDLR] soient protégés, mais aussi le personnel de l’Aprodh. Il y a un personnel qui est en insécurité totale. Nous demandons à ce que l’Aprodh et les familles de l’Aprodh soient protégés par le gouvernement . »

Le 3 août dernier, Pierre Claver Mbonimpa, figure de la société civile burundaise qui a pris une part active à la contestation au troisième mandat de Pierre Nkurunziza, a échappé de peu à une tentative d’assassinat. Des hommes armés à moto avaient tiré sur sa voiture, le blessant grièvement. Il a été évacué à Bruxelles, où il est toujours en convalescence, et ne peut toujours pas parler suite à ses blessures par balle au visage et au cou. Il a écrit à RFI qu'il était « très malheureux » de voir sa famille ainsi ciblée. Il appelle également à « tout faire pour sauver le Burundi ».

La FIDH réclame de la fermeté de la part de l'UA et de l'ONU

Pour Tchérina Jerolon, de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), l'assassinat du genre de Pierre Claver Mbonimpa est le dernier acte de violence d'un cycle qui n'a que trop duré. La FIDH et ses différentes ligues au Burundi et dans la région des Grands Lacs, appellent la communauté internationale à s’impliquer plus avant. « C’est un acte d’une extrême gravité qui, malheureusement, s’inscrit dans une longue liste d’actes qui ont été perpétrés au Burundi depuis le déclenchement de la crise électorale », souligne Tchérina Jerolon.

La FIDH en appelle aux autorités burundaises, à qui elle réclame de poser « des actes concrets (…) qui doivent se matérialiser par des enquêtes indépendantes, impartiales et effectives ». Étant donnée « la gravité de la situation », la FIDH interpelle également la communauté internationale – Union africaine et Nations unies, qu’elle enjoint de mener « une action concertée, d’urgence, qui consiste non seulement à impulser la reprise du dialogue politique ». Outre des enquêtes sur les crimes commis ces dernières semaines, Tchérina Jerolon réclame également à l’UA et à l’ONU d’« activer de façon effective les mécanismes de sanctions ciblées qui sont prévus par les textes de ces différentes organisations. »