Violences en RCA: mis en cause, ils nient être impliqués

Des soldats de la mission des Nations unies en RCA (Minusca), le 3 octobre 2015 au siège d'Action contre la faim, pillé lors des violences.
© AFP PHOTO / EDOUARD DROPSY

Le ministre centrafricain de la Justice, Aristide Sokambi, a affirmé mercredi 7 octobre avoir saisi les autorités judiciaires suite aux violences qui ont fait au moins 77 morts à Bangui, fin septembre et début octobre. Il a accusé nommément plusieurs personnes, et réclamé l'arrestation des auteurs et complices présumés d'« atteintes à la sureté de l'Etat », de « complot » et d'« incitation à la guerre civile ».

Le ministre de la Justice a désigné nommément plusieurs personnes, mercredi, notamment des officiers de l'armée réputés proches de François Bozizé, dont Eugène Ngaikoisset. Sous le coup d'un mandat d'arrêt, l’homme s'est évadé de prison en mai dernier. Il dit se trouver actuellement à Bangui, mais refuse de répondre à la justice tant que le gouvernement de transition sera en place.

« Pourquoi m’accuse-t-on à tort ? Je n’ai rien à voir avec ça. Au contraire ! », s’insurge-t-il. « Je fus le directeur de la sécurité rapprochée du président François Bozizé, mais depuis la chute du pouvoir en 2013, je n’ai jamais eu de contact avec lui. Et même aujourd’hui, je ne connais pas sa position actuelle », poursuit-il avant de conclure qu'il ne se présentera devant la justice « que lorsqu’il y aura un président légitime. »

Des accusations « infondées »

Le ministre de la Justice Aristide Sokambi a également cité le nom de Gervais Lakosso, député du CNT et coordonnateur du groupe de travail de la société civile, comme l'un des responsables des violences de Bangui. Durant les troubles, il a lancé le mouvement Le Temps de Beafrika, et a appelé à la désobéissance civile et au départ des forces internationales. « On me dit que ce sont mes déclarations qui ont poussé les gens à ériger des barricades dans les rues de Bangui, que c’est moi qui ait poussé les gens à piller les ONG internationales… Je crois que le fait que le mot d’ordre désobéissance civile, que j’ai lancé, et qui est très suivi, énerve le gouvernement », explique Gervais Lakosso.

« Les propos qu’on me reproche sont totalement infondés ! Les barricades ont commencé à être érigées dès le samedi matin. Notre mot d’ordre est intervenu le dimanche après-midi. Il y avait donc des barricades avant ! Me désigner comme le responsable de ce qui s’est passé, c’est de la comédie de mauvais goût », s’insurge-t-il. Le député du CNT se déclare prêt à s’expliquer devant la justice.

« Je n’ai pas quitté ma maison, je n’ai pas changé de quartier. Je suis là. Personne n’a essayé de m’arrêter, je n’ai pas reçu de convocation. Je suis légaliste. Si je reçois une convocation ou si quelqu’un se présente devant moi avec un mandat d’arrêt et si les conditions de ma sécurité sont garanties, je vais aller répondre à cette convocation », affirme-t-il.

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