Tchad: au moins 41 morts dans 5 explosions attribuées à l’ex-Boko Haram

Situation de la ville tchadienne de Baga Sola, sur les rives du Lac Tchad.
© GOOGLE MAPS

Cinq explosions simultanées ont eu lieu samedi après-midi à Baga Sola, ville tchadienne située près de la frontière avec le Nigeria dans la région du Lac Tchad. Ces explosions ont été attribuées par les services de sécurité au groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest, ex-Boko Haram. Selon le sous-préfet de Baga Sola, les kamikazes étaient deux femmes et trois adolescents.  

C’est un peu après 15 heures (TU), ce samedi 10 octobre, que les explosions ont eu lieu. Trois kamikazes ont fait exploser leurs charges sur le marché de Baga Sola, qui était bondé à cette heure. Les trois kamikazes et une quinzaine de personnes ont été tués dans l'explosion qui a fait par ailleurs une quarantaine de blessés. Le marché dont la majorité des hangars sont construits en paille a brûlé aux deux tiers.

Quelques minutes plus tard, c’est au camp de réfugiés de Kousseri, situé aux portes de la ville et qui accueille 6 000 déplacés tchadiens, que deux autres explosions se sont fait entendre. On dénombre une vingtaine de morts dont les deux kamikazes et dix blessés.

Le bilan est lourd et les populations sont sous le choc, le sous-préfet également. Certains des kamikazes étaient très jeunes. « Les kamikazes étaient deux femmes et trois enfants de 10 à 15 ans », explique Dimoya Souapebe.

Une attaque redoutée

Si la localité n'avait jamais été visée jusque-là, la ville de Baga Sola redoutait une attaque depuis l’assaut des éléments de l'ex-Boko Haram contre l’armée à Kaïga Ngouboua non loin de là.

L'armée était donc en alerte tout comme les humanitaires. Ils étaient déjà soumis à des mesures draconiennes, ils vont devoir être encore plus prudents, explique Florent Mehaule, chef de bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies à Ndjamena. « Dans les prochaines heures et les prochains jours, les activités humanitaires vont certainement être suspendues pour les Nations unies et les ONG nationales et internationales. Dans un deuxième temps, on pourra voir quelles sont les zones qui sont à nouveau accessibles pour apporter une assistance », indique-t-il. 

Malgré ces dernières attaques, deux ONG dont Médecins sans frontières ont réussi à maintenir leur assistance aux équipes débordées du centre de santé de Baga Sola.
 

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