Cameroun: double attentat-suicide attribué à Boko Haram

Les soldats de l'armée de terre camerounaise déployés sur le poste avancé de Mabass, une colline sur la frontière avec le Nigeria, en bas des villages occupés par Boko Haram.
© RFI/OR

Au Cameroun, un double attentat-suicide a eu lieu, ce dimanche 11 octobre, dans le village de Kangaleri, à une trentaine de kilomètres de Mora, dans l’Extreme-Nord du pays. Deux femmes kamikazes se sont fait exploser. Le dernier bilan de ces attaques attribuées à l'organisation Etat islamique en Afrique de l'Ouest, mieux connue sous le nom de Boko Haram, fait état de 11 morts dont les deux kamikazes et 29 blessés, selon Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de la Communication.

Il était 6h30 (heure locale) lorsque deux femmes kamikazes se sont rendues au village de Kagaleri et plus précisément dans un endroit où on a coutume de vendre des beignets. Les deux femmes ont alors actionné leurs charges causant ainsi la mort de 11 personnes et faisant 29 blessés.

Les blessés ont été pris en charge par le personnel de santé, mais aussi par le personnel de défense et de sécurité. Ceux qui se trouvaient dans un état très grave ont été évacués du côté de Mora.

La stratégie de l’ex-Boko Haram

Cette région du Cameroun est en proie aux attaques du groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest (ex-Boko Haram). Il s’agit du quinzième attentat-suicide enregistré dans l’Extrême-Nord du pays, depuis juillet. Ces attaques, attribuées au groupe islamiste, ont fait plus de 100 morts.

Joint par RFI, Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de la Communication, précise que ce groupe extrémiste a adopté une autre tactique, celle qui consiste à « terroriser » et celle surtout qui consiste à faire parler d’eux.

« Ils sont en quête de publicité. Vous savez qu’ils ont fait acte d’allégeance à l’Etat islamique. Il faudrait donc qu’ils donnent des gages à l’Etat islamique de leur existence. Ne pouvant pas confronter nos forces de défense et de sécurité, vous constaterez qu’ils ont attaqué au Tchad, au Niger, aujourd’hui au Cameroun et demain je ne sais où. Ils utilisent toujours la même tactique. Ils se servent des gosses de 13 à 17 ans, qu’il s’agisse de garçons ou de filles, pour perpétrer leurs forfaits », a déclaré Tchiroma Bakary.

« Nos forces de défense et de sécurité restent en alerte. Cependant, ce qui entre en ligne de compte aujourd’hui, ce sont les comités de vigilance. Ils veillent sur les gens. Nous savons très bien que, désormais, c’est à la société civile de prendre le relais – la relève – là où les forces de défense et de sécurité ne peuvent pas agir puisque Boko Haram, désormais, ne se représente pas », a ajouté le ministre camerounais de la Communication, Tchiroma Bakary.