Nigeria: la chute des cours du pétrole plombe les finances publiques

Des dizaines de personnes font la queue à une station essence de Lagos avec leur jerrican, le 21 mai 2015.
© AFP PHOTO/PIUS UTOMI EKPEI

La compagnie nationale pétrolière nigériane, NNPC vient de publier son rapport d'opération. Les revenus des ventes de pétrole ont diminué de plus de deux tiers entre septembre 2014 et juillet 2015.

C’est un véritable coup de massue pour le Nigeria. Son économie tire du brut plus de 90% de ses revenus à l'export. Le pétrole est le pilier de l’économie du pays. Le brut représente de loin le premier produit à l'export, mais aussi les trois quarts du budget national et près de 15% du produit intérieur brut (PIB) du pays. Et depuis juin, le prix du baril a littéralement dégringolé pour perdre 60% de sa valeur, entraînant avec lui les finances publiques nigérianes.

Un trou dans les finances publiques

Dès le printemps de cette année, le gouvernement a dû emprunter pour payer ses fonctionnaires. Sur un programme d’emprunt de 882 milliards de nairas (4 milliards d’euros), la moitié a été utilisée pour les salaires du secteur public. En avril dernier, la plupart des Etats fédéraux se retrouvaient dans la même situation, incapables de rémunérer leurs fonctionnaires.

Réserve de devises nigérianes

Pour l'heure, le pays dispose encore d'un matelas qui le protège : ses importantes réserves en devises. La Banque centrale nigériane conserve près de 26 milliards d'euros dans ses caisses. Mais le gouvernement ne peut pas exagérément puiser dans ce pécule, car s'il devenait insuffisant, le Nigéria ne pourrait plus importer et toute l'économie risquerait d'être gelée. Pour l'heure, la réserve de devises nigérianes représente près de six mois d'importations. Si les cours mondiaux du pétrole continuent leur chute, cette réserve risque de se réduire à peau de chagrin.