Présidentielle en Guinée: le pouvoir minimise les dysfonctionnements

Le camp du président Alpha Condé a salué «le bon déroulement de l’élection du 11 octobre».
© AFP/CELLOU BINANI

La tension monte d’un cran en Guinée-Conakry. On ne connaît toujours pas le résultat de la présidentielle du dimanche 11 octobre, alors que des affrontements ont éclaté hier soir dans la capitale entre les forces de l'ordre et des partisans du chef de file de l'opposition, Cellou Dalein Diallo. L'opposition et la majorité sont à couteaux tirés à cause des dysfonctionnements constatés par les opposants et les observateurs. 

Les observateurs internationaux ont reconnu des dysfonctionnements dans certains bureaux de vote mais ils affirment que l'élection a été malgré tout satisfaisante. Et pour la majorité, ces problèmes n'entament en rien la crédibilité du scrutin. Dans une déclaration à la presse, Kassory Fofana, le directeur de campagne d’Alpha Condé, a minimisé ces dysfonctionnements et a appelé les Guinéens au calme.

« La mouvance présidentielle se réjouit du bon déroulement de l’élection du 11 octobre 2015, a-t-il d'abord salué. Les dysfonctionnements à caractère technique qui ont émaillé partiellement le processus électoral n’entachent en rien la validité du scrutin qui exprime pleinement la volonté du peuple. La mouvance présidentielle appelle les Guinéens et Guinéennes à attendre dans le calme la proclamation des résultats et à préserver la cohésion nationale. »

L'opposition dénonce quant à elle ces dysfonctionnements et rejette d’avance les résultats du scrutin, à l'image de Papa Koly Kourouma. « Quand il y a un manque de bulletins de vote, quand on vote sans enveloppe, quand dans le bureau de vote, on empêche le délégué des autres partis d’entrer, quand les bulletins de vote sont pré-cochés, quand on a les procès-verbaux qui ne sont pas remis aux délégués dans les bureaux de vote et qu’ils sont falsifiés au niveau de la commission administrative de centralisation, je pense que l’on ne peut pas dire que ça n’entache pas la crédibilité du vote », conteste ce candidat à l'élection présidentielle

Le message des adversaires du président Alpha Condé est clair. Ils exigent une annulation pure et simple du scrutin.