Révision de la Constitution rwandaise: l'opposition monte au créneau

Si le projet de révision de la Constitution est validé, le président Paul Kagame (ici en mars 2015) pourra se représenter pour un troisième mandat.
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Au Rwanda, les députés ont approuvé lundi les grandes lignes d'un projet de révision de la Constitution qui supprime notamment la limite du nombre de mandats présidentiels. Le président Paul Kagame termine son deuxième et dernier mandat en 2017, et en théorie, il ne peut donc pas se présenter. Mais selon le Parlement rwandais, lors de consultations dites populaires, seuls dix Rwandais se seraient prononcés contre ce projet.

Au cours de cette séance parlementaire, aucun des députés qui se sont exprimés ne s'est opposé à une révision de l'article 101 de la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats du président rwandais.

Pour Frank Habineza, le président du Parti vert démocratique, le seul véritable parti d'opposition autorisé dans le pays, il faut que la communauté internationale se fasse entendre, avant qu'il ne soit trop tard et que la présidence à vie devienne une option au Rwanda : « Nous pensons que la communauté internationale devrait être plus proactive et pro-démocratie. Elle ne doit pas seulement regarder et attendre que ça passe. Les gens ne doivent pas rester assis, à faire des analyses. »

Il appelle la communauté internationale à agir, « même si c'est minime ». Pour Frank Habineza, elle « peut toujours convaincre le président parce qu'il n'a pas encore dit officiellement qu'il voulait se maintenir. Nous pensons qu'il y a toujours une chance de le convaincre de ne pas se représenter et de ne pas accepter cette réforme », ajoute-t-il.

Il précise qu'en cas d'adoption en l'état par le Sénat de ce projet de révision, « cela veut dire que le président peut rester au pouvoir aussi longtemps qu'il en a la capacité physique, comme Mugabe [le président du Zimbabwe, ndlr]. Il a 90 ans et il est toujours là. C'est un retour en arrière en termes de démocratie parce que cela veut dire qu'aucun n'autre n'aura la possibilité de devenir président dans un futur proche. »

Pour être adoptée, la Constitution révisée doit recueillir les trois quarts des votes dans chacune des deux chambres du Parlement, toutes deux très largement dominées par le Front patriotique rwandais (FPR), le parti du président Kagame et ses alliés. Elle devrait être ensuite soumise à référendum.

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