Côte d’Ivoire: des observateurs citoyens formés pour la présidentielle

Un bureau de vote d’Abidjan, en avril 2013.
© AFP / ISSOUF SANOGO

La campagne électorale se poursuit en Côte d'Ivoire et en marge des meetings politiques, les organisateurs s'affairent au bon déroulement du scrutin présidentiel du 25 octobre. C'est ainsi qu'une plateforme ivoirienne, la Poeci, représentant des syndicats, des organisations de défense des droits de l'homme, des organisations féminines ou des groupements interprofessionnels s'est créée : ses observateurs neutres et impartiaux seront déployés pour le premier tour du scrutin.

Dans la salle de réunion où se trouve une vingtaine d'hommes et de femmes, à Abidjan, le formateur explique aux futurs scrutateurs comment, par SMS, ils devront signaler en temps réel la conformité ou non du scrutin : « Bien évidemment, c’est un exercice mais le jour du scrutin, il va falloir cocher les résultats qui reflètent la réalité du bureau que vous observez. »

L'urne est-elle conforme ? Est-ce que l'isoloir est propice à un vote secret ? Y a-t-il des tentatives d'intimidation pendant le scrutin ? C'est tout une batterie de questions auxquelles vont devoir se plier les scrutateurs de la Poeci disséminés à travers les bureaux de vote du pays et choisis en fonction de l'importance du nombre d'inscrits.

« D’abord ce sont des observateurs citoyens qui ont été rigoureusement formés, tient à préciser Marie Paul Kodjo, porte-parole de la Poeci. Ils vont envoyer des SMS codés à une centrale basée à Abidjan. Les informations vont rentrer dans la base de données [et] on aura les tendances en temps réel. »

Près de 800 bureaux de vote concernés

Christiane Pelchat, directrice du National Democratic Institute Côte d'Ivoire, l'ONG qui finance cette opération, en explique l’intérêt : « D’abord c’est faire participer les Ivoiriens et les Ivoiriennes au processus, mais en plus, ça aide à [le] crédibiliser et à sécuriser [le scrutin]. Parce que quand il y a des observatrices et des observateurs partout dans le pays, les populations voient qu’il y a des gens de la société civile ivoirienne, neutres, apolitiques et qui observent comment se passe le processus, [et] c’est plus gênant d’intervenir dans les bureaux de vote. »

Cette mission de quelque 800 observateurs sera déployée dans au moins 800 des 19 800 bureaux de votes du pays pour le premier tour le 25 octobre.


 ■ Derniers jours pour retirer sa carte d'électeur

Il reste 48 heures aux 6 300 000 inscrits ivoiriens pour retirer leur carte d'électeur. Une opération de distribution qui a débuté dans les bureaux de votes vendredi dernier. Si les dispositifs de distribution sont prêts, il semble que beaucoup d'électeurs aient négligé d'aller récupérer le document, certains croyant même - à tort - qu'ils pourront voter avec leur carte électorale de 2010.

D'où cet appel de Sourou Koné, premier vice-président de la Commission électorale indépendante (CEI) pour que chacun se munisse du précieux document pour accomplir son devoir électoral.

Vous êtes en Côte d’Ivoire. Vous voyez même que pour payer les factures d’électricité, ils attendent le dernier jour pour aller se mettre tous en rang. Donc on veut véritablement leur demander d’aller retirer leur carte pour le 25 octobre.
Sourou Koné
16-10-2015 - Par Frédéric Garat