Burundi: nouvelles violences à Bujumbura avant-hier dans la nuit

Dans le quartier de Musaga, à Bujumbura, des militaires intervenant pour dégager une barricade, le 15 mai 2015.
© Sonia Rolley/RFI

Au Burundi, dans la nuit de jeudi à vendredi 16 octobre, c’est le quartier de Musaga qui a été le théâtre d’affrontements. A Bujumbura, ce quartier de Musaga est l’un des foyers de la contestation au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Mardi soir, c’est dans le quartier de Ngagara que l’on déplorait onze victimes dont neuf civils parmi lesquels le cameraman Christophe Nkezabahizi et sa famille, abattus « de sang froid », selon un communiqué de l’ambassade américaine.

Aux alentours de minuit, des tirs puis des explosions - deux grenades lancées contre un poste de police - ont retenti. Le porte-parole adjoint des services de sécurité a déploré un mort et un blessé léger. D’autres sources ont néanmoins évoqué un bilan plus lourd dans les rangs des forces de l’ordre.

A Musaga, ce n’est pas la première fois que la police est la cible d’attaques de la part d’un groupe armé non identifié. Selon un habitant de ce foyer contestataire, les attaques pourraient continuer tant que le gouvernement ne sera pas « revenu » à la table des négociations.

Un autre stigmate a été découvert vendredi matin, celui du centre artisanal de Musaga qui a été partiellement détruit par les flammes, dommage collatéral des affrontements de la nuit.

Et puis, à l’aube, la police est intervenue pour fouiller la maison d’Alice Hakizimana. Selon cette journaliste burundaise qui s’exprimait sur le réseau social Facebook, les forces de l’ordre n’avaient pas de mandat de perquisition.

Elle s’interrogeait aussi sur un lien éventuel avec une altercation, survenue la veille, avec le porte-parole adjoint de la police, au sujet du drame de Ngagara. Ce dernier lui a répondu, par le même biais, qu’il s’agissait d’une perquisition de routine et qu’elle n’était pas personnellement visée.