Congo-B: meeting anti-référendum sous haute tension à Pointe-Noire

Les opposants à la réforme constitutionnelle doivent poursuivre une série de meetings. Ici, un opposant à Brazzaville (photo d'illustration).
© AFP PHOTO / LAUDES MARTIAL MBON

Quatre militants blessés par balle, une voiture brûlée : le meeting des opposants au changement de la Constitution a connu une ambiance inhabituelle, le 17 octobre, sur la place Lumumba de Pointe-Noire, pleine à craquer. Bien d'autres incidents ont été signalés à travers la ville, notamment à Ngoyo sur la route de la frontière avec le Cabinda où un poste de péage a été incendié.

Malgré l’incident survenu en plein rassemblement, les milliers de militants qui venaient des quatre coins de Pointe-Noire qui ont rempli le rond-point Lumumba sont restés déterminés et ont écouté leur leader jusqu’à la fin. Ils ne veulent pas du tout entendre parler du référendum programmé pour le 25 octobre.

« Ce que nous voulons ? Le président Sassou est à son dernier mandat. Qu’il laisse tomber avec ce référendum. C’est l’heure, nous voulons qu’il parte tranquillement », fait savoir un militant. Un autre, plus véhément, clame : « nous voulons un vrai Etat de droit. Un Etat de droit est un système institutionnel dans lequel la puissance publique, c’est-à-dire l’Etat, et l’ensemble des citoyens sont soumis à l’autorité du droit. »

Chose curieuse, dans la foule, on a pu voir des banderoles invitant le général Jean-Marie Michel Mokoko à venir sauver une démocratie à la dérive. Cet homme fut le chef d’état-major de l’armée congolaise pendant la conférence nationale qui a ouvert le Congo au multipartisme en 1991.

« Nous lançons un appel vibrant pour qu’il rentre au pays en tant que fils de ce pays pour que cette situation puisse connaître une issue favorable », avance un de ses soutiens.

Après le meeting, les leaders de l’opposition ont été interdits de quitter Pointe-Noir, dit-on, pour des besoins d’enquête.

Dans le même temps, le procureur de la République, André Oko Ngakala, suite à ces incidents et à l’atmosphère qui règne dans le pays, qu’il a qualifié de « psychose » à l’approche du référendum constitutionnel, a appelé les leaders politiques, les militants, les associations « à inscrire leurs actions de soutien ou de rejet du projet de Constitution dans le respect des lois et règlements de la République ».

Il a rappelé que « toute atteinte à l’ordre public au cours des derniers jours de campagne, au moment du vote ou à la proclamation des résultats exposera leurs auteurs, instigateurs et complices à des poursuites pénales et éventuellement à des peines très lourdes ».