Djibouti: l’opposition lasse d’attendre l’ouverture d’un dialogue

Précédente manifestation de l'USN à Djibouti.
© Facebook / USN

A Djibouti, l'opposition dénonce l'absence de dialogue avec les autorités. Ce dialogue devait pourtant être lancé, c'était ce qui avait été décidé il y a presque un an, en décembre 2014 après des mois de tensions. Mais l'USN, la coalition des partis d'opposition, ne voit rien venir et menace donc de ne pas participer à la présidentielle de 2016.

A la question : « Participerez-vous à la présidentielle de 2016 ? », voilà ce que répond Ahmed Youssouf, président de l’USN : « Non ! Pour quoi faire ? Pour obtenir quoi ? On ne nous remboursera même pas la caution comme ils l’avaient fait par le passé. Il faut l’essentiel, qu’il y ait un minimum justement des garanties pour qu’on puisse y aller. »

Ahmed Youssouf est désabusé. L’opposition est lasse d’attendre l’ouverture d’un dialogue politique promis par le président Ismaïl Omar Guelleh. Il y a pourtant fort à faire, ne serait-ce que pour réformer la Commission électorale et octroyer à l’opposition un minimum de liberté, comme le président s’y était engagé.

Les législatives de 2013 toujours dans les esprits

Cette opposition n’a toujours pas digéré les législatives de 2013 qu’elle estime avoir remportées et à la suite desquelles le pays a connu vingt mois de troubles. Pour Ahmed Youssouf, le régime doit prendre garde, car les militants de l’opposition sont à bout de patience :

« La colère qui était là avant est encore là. Et la grande majorité de nos militants qui n’ont pas déjà compris le sacrifice que nous avons fait et l’abandon de nos députés élus. Maintenant, nous ne savons pas de quoi sera fait l’avenir. Nous avons contenu jusqu’ici, demain il n’est pas dit que nous pourrons le contenir encore. »

L’opposition exhorte la communauté internationale à faire pression sur le président Ismaïl Omar Guelleh, sous peine, dit-elle, de voir la rue s’agiter à nouveau.