Congo: à deux jours du référendum, la tension retombe à Brazzaville

Moungali, Avenue de la Paix, Brazzaville.
© Wikimedia Commons/Jomako

Au Congo, la vie n’a pas encore repris son cours normal, mais la tension est quelque peu retombée à Brazzaville. La ville a vécu deux jours de heurts entre partisans et opposants au référendum sur la Constitution. Un scrutin qui doit se tenir dimanche prochain et qui pourrait permettre au président Denis Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat.

Dans les quartiers où se sont concentrées les violences de ces derniers jours, la tension a baissé d’un cran. A l’entrée du quartier de Bacongo, les véhicules ne sont plus fouillés, les taxis et les minibus circulent à nouveau et les habitants commencent à sortir de leur maison pour vaquer à leurs occupations.

Quelques commerces ont rouvert même si beaucoup sont encore fermés. Ici et là, des commerçants informels proposent quelques tomates, du poisson fumé. Au sol, on voit encore des pneus brûlés et des carcasses de voitures endommagées ou calcinées. Des policiers sont présents, mais beaucoup moins nombreux que les jours précédents. Et puis, il y a cette image de policiers et d’habitants, assis à des tables mitoyennes à la terrasse d’un minibar, sirotant chacun leur bière. C’est calme, mais en fait, « c’est la psychose », nuance un habitant. Il a peur que cela ne recommence.

En face de lui, l’hôpital de Makélékélé est quasi désert. Seule une petite partie du personnel est présente. Les quelques malades qui n’ont pas été transportés ailleurs ont été rassemblés dans un même établissement. Un homme témoigne. Il est venu pour s’assurer que son frère reçoit des soins et des médicaments, car les pharmacies sont fermées. Il salue le courage des infirmières qui sont venues pour faire leur travail et déplore l’attitude des hommes politiques qui « sont en train de mettre la santé des populations en danger ».