Congo: échec d’une nouvelle médiation pour résoudre la crise

Barricade lors de la manifestation du mardi 20 octobre au matin, à Brazzaville.
© RFI/Bertrand Haeckler

Dernier jour de campagne au Congo-Brazzaville, mais pas de meeting, pas de manifestation. Tous les rassemblements sont interdits aujourd’hui avant le référendum de dimanche sur la Constitution. C'est le bras de fer depuis plusieurs semaines entre les partisans et les opposants à ce projet qui permettrait au président Denis Sassou-Nguesso de briguer un troisième mandat. Pour tenter de renouer le dialogue, l’archevêque de Brazzaville, Mgr Anatole Milandou, a tenté ces dernières 48 heures de lancer une médiation.

Le rendez-vous était pourtant fixé à 13 heures, mais finalement il n’y a pas eu de rencontre. Les versions divergent sur la raison de cette annulation. Pour Pierre Ngolo, le secrétaire général du parti au pouvoir, c’est à cause d’un début d’incendie signalé dans un quartier de Brazzaville. Un incendie dont il attribue la responsabilité à l’opposition expliquant : « Nous sommes ouverts au dialogue, mais pas avec des gens engagés dans une logique terroriste ».

Le Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), la plateforme d’opposition, de son côté reproche au contraire aux autorités d’avoir empêché deux opposants de quitter leur domicile. Il s’agit de Guy Brice Parfait Kolélas et d’André Okombi Salissa.

Ce dernier, ancien ministre, assure que sa résidence est encerclée par la police et la garde présidentielle : « Ceux qui sont venus me voir, ce sont les hommes de l’Eglise. Et je crois que ça devait se passer sous les auspices de l’archevêque de Brazzaville. Disons que les tractations ont commencé depuis trois jours. Et hier, c’était la date de la fameuse rencontre. La rencontre devait avoir lieu à l’archevêché. Toutes les réunions prévues n’ont pu avoir lieu parce que le pouvoir a bloqué les leaders de l’opposition de sortir de leur domicile pour aller à la réunion. Et cela a été constaté par le médiateur. Nous sommes toujours disposés à engager un dialogue au prix du retrait du référendum, car il est anticonstitutionnel et il n’est pas au-dessus de la loi ».

Deuxième échec d’une médiation

Selon plusieurs sources, l’Eglise a d’ailleurs dépêché sur place un émissaire pour tenter de régler la situation, mais il s’est lui-même retrouvé bloqué par les forces de l’ordre.

En fait, c’est la deuxième tentative de médiation avortée depuis le début de cette crise. La semaine dernière déjà, une autre médiation avait été lancée par Joseph Kignoumbi, un ancien candidat à la présidentielle de 2009. Des discussions entre les deux camps ont eu lieu. Les diplomates en poste à Brazzaville espéraient d’ailleurs qu’une solution serait trouvée dès lundi soir, c’est-à-dire avant l’expiration de l’ultimatum que l’opposition a lancé au président Denis Sassou-Nguesso.

Mais c’est finalement sur le calendrier d’un possible dialogue que les discussions ont achoppé, car l’opposition pose comme préalable à des discussions le report du référendum. Une hypothèse écartée par le pouvoir, selon des sources concordantes.

Résultat, jeudi soir au cours d’une rencontre avec des diplomates occidentaux, les représentants de l’opposition ont plaidé pour une médiation internationale cette fois. Quant à l’archevêque de Brazzaville, il réitère l’appel au dialogue dans un communiqué : « Nous avons perdu beaucoup de temps, mais nous pouvons encore sauver ce qui nous reste, la cohésion nationale ».

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