Libye: pour l’UE, l’absence d’institutions accroît la crise migratoire

Des migrants à proximité des côtes libyennes, le 29 septembre 2015.
© REUTERS/Ismail Zitouny

Le rejet du plan de paix en Libye est un frein à l’immigration clandestine, regrette Bruxelles. Chaque semaine, dans le pays, des dizaines de migrants risquent leur vie pour tenter de gagner l’île italienne de Lampedusa. L’instabilité institutionnelle empêche d’y mettre fin avec deux autorités politiques qui se disputent le pouvoir : celle exilée à Tobrouk est la seule reconnue par la communauté internationale, l’autre est installée à Tripoli. L’accord parrainé par l’ONU prévoyait de mettre sur pied un gouvernement d’union, mais les deux parties l’ont rejeté.

Six corps, dont celui d'une fillette de trois ans, ont été retrouvés sur une plage à 60 kilomètres à l'est de Tripoli, ce mercredi. Les autorités qui tiennent la capitale ont des garde-côtes qui tentent d’intercepter ces bateaux, mais elles ne sont pas légitimes aux yeux de communauté internationale. Bruxelles espérait avoir un véritable partenaire sur ce dossier, mais le plan de stabilisation de l’ONU, qui prévoyait un gouvernement d’union, vient d’être rejeté.

« C’est très frustrant », concède le commissaire européen au Développement, Neven Mimica : « Cela nuit vraiment aux efforts de l'Union européenne et des autres acteurs internationaux dans la lutte contre les causes de l'instabilité en Libye et les causes de la crise des réfugiés. On ne peut pas raisonnablement penser que seules des mesures européennes, que seuls des mécanismes internes venant d'Europe parviendront à régler la crise migratoire. La mise sur pied d'un gouvernement stable en Libye est une condition sine qua non de la résolution de la crise des réfugiés. »

Une délégation de Tobrouk sera malgré tout autorisée à représenter la Libye au sommet Union européenne-Union africaine, consacré à la crise migratoire les 11 et 12 novembre à La Valette, capitale de Malte. La Libye n'a pas non plus été rayée de la liste des 23 pays africains destinataires du futur fonds européen de 1,8 milliard d’euros.

Ce fonds, qui devrait être officialisé en ouverture du sommet de Malte, vise à permettre aux pays africains de mieux lutter contre les causes profondes des départs de migrants. Les premiers projets pourraient être adoptés dès décembre, mais il est peu probable que la Libye voit la couleur de l’argent avant d’avoir mis un terme à la crise institutionnelle.

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