Rwanda: Kigali rejette les accusations d’ingérence venues du Burundi

Louise Mushikiwabo, la ministre des Affaires étrangères du Rwanda.
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« Non, il n'y a pas d'ingérence du Rwanda dans les affaires du Burundi », c'est le massage délivré, ce jeudi, par la ministre rwandaise des Affaires étrangères. A l'occasion d'une conférence de presse à Kigali, Louise Mushikiwabo a répondu à ceux qui accusent le Rwanda d'agression au Burundi. Depuis le début de la crise burundaise, le pays accueille de nombreux Burundais de l'opposition. Une situation qui a accru les tensions avec Bujumbura.

« Le problème du Burundi n'est pas le Rwanda. Le problème du Burundi est le Burundi », a déclaré Louise Mushikiwabo. La ministre a refusé de démentir clairement les accusations à l'encontre du Rwanda, assurant préférer jouer l'apaisement : « Le Rwanda a opté pour une politique plutôt posée, plutôt calme. On n'est pas dans la logique des échanges d'accusations et de démentis, nous sommes dans la logique de la normalisation du Burundi. »

Il s'agit là de la première réaction officielle du Rwanda depuis fin juillet et le début des accusations des autorités burundaises. Récemment, le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés s'était inquiété d'allégations de recrutement dans les camps de réfugiés au Rwanda. Mais là aussi, la ministre rwandaise préfère mettre en avant la neutralité de Kigali : « Les camps de réfugiés, les réfugiés sont très politisés et nous ce que nous essayons d'éviter, c'est que les problèmes et les tensions qui existent au niveau du Burundi ne soient transférés sur le territoire rwandais. »

Louise Mushikiwabo a ajouté que « tous les Burundais [étaient] bienvenus sur le territoire rwandais ». « Nous ne pouvons pas classifier les Burundais et les refouler », a-t-elle poursuivi. Elle a également balayé d'un revers de la main les demandes d'extradition de Bujumbura à l'encontre de certains ressortissants burundais. « L'ironie du sort est que le Rwanda a demandé au Burundi depuis plusieurs années de signer un traité d'extradition ». Un dossier, assure-t-elle, sur lequel « le Burundi ne voulait pas avancer ».