Rwanda: passe d’armes entre le PS français et les autorités de Kigali

Vue générale de Kigali, la capitale du Rwanda, en septembre 2013.
© AFP/Tony KARUMBA

Au Rwanda, cela fait cinq ans que l'opposante Victoire Ingabire est en prison. A cette occasion, le Parti socialiste français demande sa libération et en profite pour dénoncer la réforme de la Constitution, un processus qui doit permettre à Paul Kagamé de rester au pouvoir après la fin de son deuxième et en principe dernier mandat en 2017. Une sortie que le gouvernement rwandais n'a pas vraiment appréciée.

Victoire Ingabire est injustement emprisonnée après des années de combat consacrées à la réconciliation du peuple rwandais, la justice et la démocratie, dénonce le Parti socialiste français. Le PS ajoute que l'opposante rwandaise, qui vient déjà de passer cinq ans en prison, doit pouvoir participer librement à la vie démocratique de son pays.

Des socialistes français qui disent exprimer leur solidarité à la famille de Victoire Ingabire, à son parti, les FDU, mais aussi « à toutes les forces démocratiques et pacifistes qui veulent instaurer une paix durable au Rwanda et oeuvrer à l'instauration des libertés fondamentales pour tous les Rwandais ».

Réponse rapide de Kigali

Dans ce communiqué, le Parti socialiste dit s'inquiéter « de la tentation du pouvoir rwandais de remettre en cause l'ordre constitutionnel et la limite fixée au nombre de mandats présidentiels ». Il demande donc aux autorités rwandaises de renoncer à leur projet de révision constitutionnelle.

« Je me demande si c'est un vrai document issu d'un quelconque parti sérieux, ironise la ministre rwandaise des Affaires étrangères. Cela aurait été mieux si le Parti socialiste français s'était soucié du meurtre de masse d'un million de Rwandais, il y a 21 ans, [plutôt] que de se préoccuper, aujourd'hui, de la manière dont les Rwandais exercent leur droit souverain de se choisir un dirigeant », a rétorqué Louise Mushikiwabo.