Tanzanie: fin de campagne dans des élections bien ouvertes

L'ancien Premier ministre tanzanien Edward Lowassa est l'un des favoris de l'élection présidentielle du 25 octobre 2015. Ici, en campagne à Tanga, le 21 octobre.
© REUTERS/Stringer

La campagne électorale touche à sa fin en Tanzanie. Les élections générales auront lieu ce dimanche 25 octobre : municipales, législatives et présidentielle à un tour le même jour. Le président sortant, Jakaya Kikwete, ne se représente pas. La Constitution le lui interdit. Il a fait deux mandats et la Tanzanie est l’un des rares pays africains où personne n'a jamais cherché à changer les règles. Huit candidats s’affrontent, mais on observe un duel entre le candidat du pouvoir, John Magufuli, et un ancien Premier ministre du même pouvoir sortant, Edward Lowassa, fraîchement devenu opposant.

A Dar es Salaam, une marée humaine accueille le candidat du CCM (Chama Cha Mapinduzi), le parti au pouvoir depuis toujours en Tanzanie. Jusqu'à il y a quelques mois, John Magufuli était le ministre des Travaux publics. Technocrate plutôt discret, il s'est transformé en tribun.

Son discours est surprenant pour un candidat du parti au pouvoir. La continuité ? Certainement pas, au contraire même. « La Tanzanie a besoin de changement », explique-t-il en langue swahilie : « Et moi je vous le dis, chers amis, les voleurs des deniers publics ne sont pas seulement dans les autres partis, ils sont aussi au CCM ».

Le candidat du pouvoir est ainsi obligé de tirer contre son camp pour gagner la confiance d'une population lassée par des années de corruption, de gabegie, de scandales financiers.

« Je suis fatigué de la pauvreté »

Autre meeting, celui du candidat de l'opposition Edward Lowassa. Lui aussi présente un profil inhabituel puisqu'il était Premier ministre CCM, devenu opposant parce qu'on ne l'a pas choisi comme candidat du parti au pouvoir. Ses adversaires disent de lui qu'il est malade et fatigué, il les prend au mot. « Je suis malade et fatigué oui. Je suis fatigué de la pauvreté ; mais j'ai l'énergie de ma colère pour me battre et faire sortir les Tanzaniens de cette pauvreté », lance-t-il.

Difficile de faire un pronostic. Pour la première fois, les Tanzaniens ne connaissent pas à l'avance le résultat.