L’Union européenne veut lancer des consultations avec le Burundi

Siège de la Commision européenne à Bruxelles.
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Au Burundi, le président Pierre Nkurunziza devrait recevoir, lundi prochain, un courrier de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Une lettre capitale pour l'avenir des relations de coopération entre les Vingt-Huit et le Burundi. Une lettre dont l'Agence France-Presse a obtenu copie.

Un diplomate occidental reconnaît que cette fuite ne devrait pas faciliter les relations déjà très tendues entre l'Union européenne et les autorités burundaises. Dans ce projet de lettre dont l'envoi doit être confirmé lundi lors du Conseil de l'Union européenne, la chef de la diplomatie européenne demande des consultations avec les autorités burundaises en vue « d'examiner la situation de façon approfondie et, au besoin, de prendre des mesures pour y remédier ».

Federica Mogherini propose de les organiser à Bruxelles, « à une date à convenir d'un commun accord ». Ces consultations sont organisées au titre de l'article 96 des accords de Cotonou, article qui prévoit les conditions d'une suspension de la coopération en cas de non respect de certains principes en termes de démocratie et de droits de l'homme.

Une réponse attendue dans les 30 jours

Après réception du courrier, le président Nkurunziza aura trente jours pour répondre et confirmer une date pour une première réunion à Bruxelles. Il y aura alors 120 jours pour ces consultations. Leur objectif : permettre au Burundi de présenter un programme, notamment en ce qui concerne les principes démocratiques et les droits de l'homme, pour du point de vue de l'Union européenne redresser la barre.

La sanction, en cas d'absence de réponse dans les délais ou « au cas où ça se passe mal », c'est tout simplement la suspension de la coopération. Une sanction lourde pour un pays qui dépend pour la moitié de son budget de l'aide internationale.