En Afrique du Sud, une éducation gratuite est-elle possible?

Le ministre de l'Enseignement supérieur sud-africain, Blade Nzimande, était à l'origine d'un rapport sur l'accès à une éducation gratuite pour les plus pauvres en 2010. Photo : manifestation étudiante au Cap, le 21 octobre 2015.
© REUTERS/Mark Wessels

En Afrique du Sud, après les grandes manifestations étudiantes des dix derniers jours, le débat est lancé sur la possibilité d'une éducation gratuite et accessible à tous. Alors que les étudiants ont obtenu ce vendredi un gel des frais de scolarité qui n'augmenteront pas l'année prochaine, la presse révèle que cette question avait fait l'objet d'un rapport. Finalisée il y a trois ans, cette enquête n'a pourtant jamais été rendue publique.

Ce rapport sur l'accès à une éducation gratuite pour les plus pauvres avait été commandé en 2010 par le ministre Blade Nzimande. Le groupe de travail était arrivé à la conclusion que « l'éducation supérieure gratuite pour les plus pauvres est un projet réalisable » en Afrique du Sud.

Le rapport préconisait essentiellement d'élargir progressivement l'accès aux bourses universitaires à une plus large tranche de la population en proposant notamment de mettre en place « une taxe pour l'éducation » pour les plus aisés. Une demande reprise aujourd'hui par certains représentants des étudiants.

D'après l'un des auteurs de ce travail cité par la presse, l'accès à une éducation gratuite pour les plus pauvres est « possible et viable ». Ce professeur d'université s'étonne donc que le rapport n'ait jamais été rendu public, alors qu'il pourrait contribuer aujourd'hui au débat national.

Manque de financements

Le porte-parole du ministère de l'Education a indiqué que le ministre avait approché le Trésor public en 2012 à ce sujet, mais que les fonds nécessaires n'étaient pas disponibles. Le ministre aurait alors choisi de ne publier ce rapport que lorsqu'il aurait les moyens de mettre ce plan en œuvre.

L'université du Wits a annoncé qu'elle resterait fermée lundi. Les étudiants estiment que leurs demandes concernant la sous-traitance pour les travailleurs pauvres de l'université (femmes de ménage, etc.) n'ont toujours pas été entendues.