Burkina: le CDP veut la fin du gel de ses avoirs en vue des élections

Le parti de l'ex-président Compaoré affirme n'avoir aucun lien avec la tentative de putsch ratée.Photo : siège du CDP.
© RFI/Sébastien Nemeth

L'ex-parti au pouvoir a tenu la première réunion de son bureau politique en l'absence de son président Eddie Komboïgo, depuis le putsch manqué de l'ex-Régiment de sécurité présidentielle. Les responsables du parti ont saisi l'occasion pour réaffirmer que « le CDP n'est ni de près, ni de loin, mêlé à ce putsch », alors que plusieurs de ses cadres ont été entendus dans l’enquête sur ce coup d'Etat. Le parti entend participer aux prochaines élections, mais il demande la suspension du gel de ses avoirs.

Le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) se remet en selle pour les prochaines élections. Au cours d'une session de son bureau politique, le parti a mis en place un comité de réflexion sur d'éventuels partenariats pour les prochaines élections présidentielle et législatives qui doivent avoir lieu le 29 novembre.

Mais le parti de l'ancien président Blaise Compaoré est confronté au gel de son compte bancaire. Une sanction prise après le coup d’Etat raté du 17 septembre. « Nous avons eu l’opportunité lors d’une audience que nous avons demandé et reçu de la part du Premier ministre d’aborder la question avec lui pour voir éventuellement la possibilité de pouvoirs élargis par rapport à cette question pour nous permettre de participer à ces élections parce qu’on ne peut pas aller aux élections sans moyens, explique Achille Tapsoba, premier vice-président du CDP. Deuxièmement, il est évident que si cela fait partie d’une procédure judiciaire, il est important pour nous de savoir de quelle manière, et de façon légale, de façon régulière, on peut disposer de solutions conservatoires. »

Toutefois, si le gel des avoirs du parti est maintenu, le CDP développera d'autres stratégies, assure Achille Tapsoba : « Un parti n’a pas que les moyens financiers comme bagage électoral et notre parti, s’il est obligé d’aller aux élections sans avoir une solution vraiment claire et favorable à cette question, déploiera d’autres moyens », prévient-il.

Les responsables du CDP entendent réaffirmer la représentativité de leur parti sur la scène politique par une « forte présence à l'Assemblée nationale ». Mais le parti doit abord faire face à l'absence de plusieurs cadres, dont son président Eddie Komboïgo et son adjoint Léonce Koné, tous deux visés dans le cadre de l’enquête sur le putsch.