Republier
Burundi

Drame de Ngagara: l'ONU évoque des «exécutions sommaires»

De nombreuses personnes ont manifesté au Burundi, le 20 octobre, pendant les obsèques d'un journaliste, récemment abattu avec sa famille, et d'un membre de l'OIM.
© AFP PHOTO / LANDRY NSHIMIYE

La situation sécuritaire s'aggrave au Burundi et cela inquiète le Haut Commissariat aux droits de l'homme des Nations unies. Une inquiétude basée sur des chiffres : depuis le début de la crise, il y a eu 198 morts au Burundi, dont 63 - c'est-à-dire un tiers -, rien que sur les trois dernières semaines. L'un des événements emblématiques de cette recrudescence de violences contre les populations civiles, c'est le drame de Ngagara

A Ngagara, deux policiers avaient été enlevés et exécutés par des hommes armés non identifiés. Et à la suite de cela, dans les opérations de poursuite, neuf civils avaient été tués, dont un caméraman de la télévision nationale et un employé de l'OIM. Les autorités burundaises parlaient de tirs croisés.

Mais selon les enquêtes menées par le Haut Commissariat, il s'agit plutôt d'exécutions sommaires perpétrées par la police. « Après ce que nous avons pu observer et les informations que nous avons pu recueillir sur place, il y a au moins 9 civils qui auraient été tués, victimes d’exécutions sommaires de la part des forces de police qui appartiennent à une unité appelée l’Unité d’appui pour la protection des institutions, explique Cécile Pouilly, l'une des porte-paroles du Haut Commissariat aux droits de l'homme.

Commission d’enquête

« C’est un incident qui s’est passé le 13 octobre, qui semble avoir été déclenché par une attaque contre trois policiers de cette même unité par des jeunes hommes armés dans ce voisinage un peu plus tôt dans la journée. Nous avons de nombreux témoignages et notre équipe sur place a aussi pu voir les corps des personnes. Cela semble véritablement confirmer qu’il s’agirait d’exécutions sommaires par ces membres de l’API. », a-t-elle précisé avant de conclure : « Il faut que ces actes soient punis pleinement. Il faut souligner que le procureur du Burundi a déjà mis en place une commission d’enquête sur cet incident. Et nous demandons à ce que cette enquête soit faite de manière transparente, impartiale et dans le respect des normes des droits de l’homme, qu’elles soient nationales mais aussi internationales. »

Le Haut Commissariat s'inquiète également de la multiplication de témoignages accusant la police de piller les quartiers pendant les opérations de fouille. Là aussi, l'organe onusien demande aux autorités d'enquêter et de mettre fin à ces pratiques.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.