Référendum au Congo-Brazzaville: derniers préparatifs avant le vote

A la veille du référendum, les électeurs vérifient si leur nom est bien inscrit sur les listes électorales.
© RFI/HAECKLER Bertrand

A quelques heures du référendum constitutionnel controversé, la journée du samedi 24 octobre s’est déroulée sans troubles ni manifestations à Brazzaville. Les autorités se veulent confiantes sur l’organisation de cette consultation, mais du côté de l’opposition, on a une tout autre vision des choses.

Bulletins, urnes, tout a été imprimé et acheminé dans les 111 circonscriptions que compte le pays. Selon Antoine Evoundou, directeur général des Affaires électorales, sur le plan matériel, au moins, « tout est prêt » pour faire démarrer le scrutin dès dimanche matin, 7h00, y compris dans les fiefs de la contestation, par exemple l’arrondissement de Bacongo, à Brazzaville.

On retrouve la même sérénité du côté de la Commission électorale. Son président assure qu’on devrait « théoriquement » être prêt pour aller aux opérations de vote. « Théoriquement », car il manque encore ça et là du petit matériel mais rien qui puisse « entacher la crédibilité du scrutin », promet-il.

« Nos électeurs n’iront pas voter »

Selon lui, en effet, les retards engendrés par les violences du début de semaine ont pu être rattrapés. Certes, dans les départements du Niari, de Bouenza et Lékoumou, une partie du personnel « s’était repliée », explique-t-il, mais désormais, « tout le monde » est à pied d’œuvre.

Demain je vais rentrer dans tous les bureaux de vote, si j'ai mon nom là-bas je vais voter
Reportage à Brazzaville la veille du vote
24-10-2015 - Par Florence Morice

Du côté des plateformes de l’opposition qui contestent la légitimité même de ce scrutin, on a une tout autre vision des choses.

«  Pour qu’une élection se réalise, il faut des urnes, des bulletins, des bureaux de vote mais aussi des électeurs. Or, nos électeurs n’iront pas voter », rétorque Guy Romain Kinfoussia, porte-parole du Front pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad).

Il déplore aussi que les listes électorales ne soient pas encore affichées et le fait que, selon lui, pour le moment, « aucun des bureaux de vote » n’a été clairement désigné.