Nigeria: vendredi sanglant dans les mosquées de Yola et Maiduguri

Après les marchés et les gares routières, les mosquées sont devenues la cible privilégiée des islamistes, comme ici à Maiduguri, le 23 octobre 2015.
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Une série d'attentats-suicides a secoué le nord-est du Nigeria ce vendredi. Deux mosquées ont été attaquées au moment des prières du vendredi à Maiduguri, dans l’Etat du Borno et à Yola, dans l'Adamawa. Le bilan provisoire fait état d’au moins 55 morts et plus d'une centaine de blessés.

Malmenée selon les déclarations de la force multinationale conjointe, la branche ouest-africaine du groupe Etat islamique frappe inlassablement au cœur des populations du nord-est du Nigeria. Après les attentats-suicides sur les marchés et les gares routières, les mosquées sont devenues les cibles privilégiées des ex-Boko Haram.

Maiduguri vient de connaître sa sixième attaque en octobre. L’attentat dans une mosquée de la ville pendant la prière du vendredi a coûté la vie à au moins 28 personnes. Déjà en état d'alerte, la capitale du Borno vit désormais dans l’angoisse permanente.

La population en colère à Yola

Yola, quant à elle, semblait sûre. Mais ce vendredi, au moins 27 personnes ont été tuées dans l'attentat mené contre la mosquée de Jambutu. La capitale de l'Etat d'Adamawa accueillait des dizaines milliers de déplacés. Continueront-ils à affluer dans une ville sous menace kamikaze ? Malgré la présence des forces de défense et de la police nigérianes, conjuguée à l'action des armées du bassin du lac Tchad, ainsi que le concours de divers services de renseignements occidentaux, les insurgés passent entre les mailles des filets.

Vendredi, à Yola, plusieurs dizaines de personnes ont crié leur colère reprochant aux forces de défense nigérianes leur impuissance. Ces manifestants ont été dispersés par des tirs en l'air de militaires, frustrés de ne pas pouvoir stopper à temps ces kamikazes et leurs engins de mort.