Mali: les humanitaires demandent un accès aérien à Kidal

Pour se rendre à Kidal, les organisations humanitaires viennent souvent de Gao en voiture, ce qui pose un problème de sécurité.
© AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Dans le nord du Mali, les organisations humanitaires internationales veulent pouvoir atterrir à Kidal. Pour cela, elles ont adressé une lettre ouverte aux autorités maliennes, onusiennes et aux représentations diplomatiques présentes à Bamako, afin de pouvoir accéder aux populations de façon plus rapide et surtout plus sûre.

Pour se rendre à Kidal, les humanitaires organisent des convois routiers qui partent le plus souvent de Gao, dans le Nord du Mali. Un problème logistique, compte tenu des distances à parcourir. Et un problème, surtout, de sécurité.

« On se déplace essentiellement en voiture, ce qui pose beaucoup de problèmes en termes de sécurité du fait du banditisme, très présent dans cette région. Par ailleurs, il n’y a pas de commerces, donc ça veut dire qu’il faut amener les médicaments, la papeterie, etc… », confirme Yannick Deville, chef de file du Fongim qui regroupe l'ensemble des ONG internationales présentes au Mali.

Sans parler de la menace des groupes jihadistes. « C’est une menace qui plane, même si les ONG ne sont pas ciblées, souligne-t-il. Mais c’est un danger qui existe en effet. »

Une piste d'atterrissage opérationnelle d'ici la fin de l'année

Kidal dispose bien d'une piste d'atterrissage, mais elle est contrôlée par la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), et à ce titre régulièrement visée par des attaques terroristes. Ce qui en interdit l'accès, jusqu'à présent, aux humanitaires. « Il y a deux options, explique Yannick Deville : soit de permettre l’accès aérien sur la piste actuelle pour permettre aux avions civils, le CICR, MSF, Ecofly, UNHAS, de se poser. Soit il y a une autre piste qui a été identifiée à une quinzaine de kilomètres de Kidal. Et cette piste pourrait être assez facilement accessible. Mais pour cela, il faudrait qu’il y ait un minimum d’autorisations pour lancer les chantiers et ensuite permettre aux avions d’atterrir. »

La mission onusienne assure que les travaux de sécurisation de la piste de Kidal sont une priorité. Elle pourrait être opérationnelle d'ici la fin de l'année.