Référendum au Congo-Brazzaville: un scrutin et beaucoup de questions

Le taux de participation est l'un des principaux enjeux de ce référendum constitutionnel.
© RFI/HAECKLER Bertrand

Le référendum qui divise les Congolais a lieu ce dimanche. Pour ou contre une nouvelle Constitution qui permettrait à Denis Sassou-Nguesso de se représenter en 2016 ? Tel est l’enjeu de ce scrutin. Après une campagne émaillée de violences, les opposants à ce projet ont demandé à leurs partisans de boycotter.

Les électeurs suivront-ils massivement l'appel au boycott lancé par les plateformes d'opposition ou seront-ils nombreux à se déplacer pour aller aux urnes pour ce référendum sur une nouvelle Constitution ? Voilà sans doute le principal enjeu de ce scrutin. Si la victoire du « oui » fait peu de doute en l'absence de campagne pour le « non », du taux de participation dépendra en revanche la crédibilité de ce vote et donc des nouvelles institutions du pays.

Deuxième enjeu, qui découle du premier : les conditions sécuritaires. Le vote pourra-t-il se tenir sereinement sur l'ensemble du territoire ou assistera-t-on comme ce fut le cas en début de semaine à des scènes de violences de nature à semer le doute dans l'esprit de certains sur la capacité réelle du pouvoir à asseoir son autorité sur l'ensemble de son territoire.

Autre question, y aura-t-il encore une place pour le dialogue, à l'issue de ce scrutin ? Les leaders de la contestation accepteront-ils de calmer le jeu comme le leur demande la communauté internationale le temps de voir si oui ou non Denis Sassou-Nguesso se déclare candidat à un troisième mandat, ou bien s'enfoncera-t-on un peu plus loin dans le bras de fer ? Une question, estiment les observateurs, qui divise au sein de l'opposition, et pourrait réveiller des lignes de fracture anciennes.


■ Les modalités du scrutin

Le dernier référendum au Congo-Brazzaville date de fin 2001. La consultation de ce dimanche se déroule sur l’ensemble du territoire et concerne quelque 111 circonscriptions. Le vote va avoir lieu partout malgré les événements survenus le 20 octobre dernier notamment à Brazzaville et Pointe-Noire, les deux principales agglomérations du Congo.

Cette assurance vient de la Commission nationale d’organisation des élections (Conel) dont les organes paritaires décentralisés sont chargés de la collecte des résultats qui seront publiés dans les trois jours suivant le scrutin au maximum.

La Conel affirme que la grande proportion des près de 2 millions d’électeurs a déjà reçu les cartes électorales.

Quant aux bulletins, il n’y en a que deux : le vert pour le « oui » et le rouge pour le « non ». Après le référendum, la prochaine élection attendue dans le pays est la présidentielle de 2016.