Référendum au Congo: l’opposition a-t-elle réussi son pari?

Un petit groupe de personnes se presse ce dimanche matin devant la mairie de Bacongo, à Brazzaville.
© Bertrand Haeckler/RFI

Les Congolais étaient appelés, dimanche, à dire oui ou non à une nouvelle Constitution. Un nouveau texte qui permettrait au président Denis Sassou-Nguesso d'être candidat à la présidentielle de l'année prochaine. L'opposition avait appelé au boycott. Les chiffres de la participation se font encore attendre, mais elle a semblé plutôt faible.  

Les électeurs brazzavillois ne se sont pas bousculés devant les urnes mais il y a toutefois des différences selon les quartiers de la capitale. Dans les bureaux du centre-ville, où RFI s’est rendu, le vote a débuté timidement le matin, mais on pouvait voir de petites files d’attente en fin d’après-midi et beaucoup se félicitaient hier que tout se passe dans le calme.

Dans la partie sud de Brazzaville, en revanche, réputée proche de l’opposition, par endroits, les assesseurs ont passé leur journée à attendre des électeurs qui ne venaient pas. Certains bureaux de vote ont même bouclé le dépouillement avant l’heure officielle de clôture du vote. « C’est une catastrophe, les gens ne sont pas venus », confiait hier un habitant en fin de journée.

Le porte-parole du Front républicain pour le respect constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), Guy Romain Kinfoussia, s'est félicité de cette faible participation. Mais plusieurs explications sont en fait possibles.

Si la forte abstention se confirme, ce ne sera pas la première fois que les Brazzavillois boudent les urnes. Selon l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH), lors des législatives de 2012, seuls 15 % des électeurs s’étaient déplacés au premier tour dans le pays. Puis il y a le climat particulier de cette campagne marquée par des violences, des morts, des arrestations. Climat de tension qui a peut-être découragé une partie du corps électoral, sans compter que dans les quartiers de Bacongo et Makélékélé, les habitants avaient fui par centaines mardi et mercredi et que pour beaucoup, ils ne sont pas encore revenus.

D'autres habitants de Makélékélé, par exemple, disent ne pas avoir reçu de carte d'électeur.

Mais certains, en effet, ont bien répondu à l'appel à la désobéissance civile lancé par l'opposition. « Pour toute la population de Makélékélé en général, nous avions manifesté mardi et mercredi. C’est l’expression de notre cœur, c’est l’expression de nos ambitions et personne n’a tenu compte de ce que nous avions fait , expliquait Etienne Massamba, un habitant du quartier, ce dimanche. Qu’ils continuent à faire ce qu’ils veulent, mais nous, nous resterons à la maison parce que ce référendum ne vaut absolument rien. C’est nul et non avenu. »