Côte d'Ivoire: un scrutin «crédible» avec quelques couacs

Un observateur électoral supervise le dépouillement dans un bureau de vote à Yamoussoukro, le 25 octobre 2015.
© REUTERS/ Thierry Gouegnon

Les Ivoiriens ont voté dans le calme dimanche pour une élection présidentielle cruciale que le président sortant Alassane Ouattara espère gagner dès le premier tour face à une opposition divisée. 60 % des 6,3 millions de personnes inscrites sur les listes électorales sont allés voter. Les retards de une ou deux heures pour l'ouverture des bureaux de vote ont été fréquents.

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26-10-2015 - Par Frédéric Garat

Si cette journée électorale en Côte d’Ivoire s’est passée dans un climat relativement serein ce dimanche, selon les organisations de la société civile en charge de superviser le scrutin, il faut noter qu’il y a eu un certain nombre de cafouillages dans certains bureaux de vote du pays.

Des ratés essentiellement dus aux tablettes biométriques qui étaient censées permettre un contrôle simple et infaillible de l’identité des votants en plus des listings d’émargement déjà existants. Mais apparemment, certains responsables des bureaux de vote en ont découvert le fonctionnement le jour même du scrutin, ou alors les tablettes dédiées à un bureau avaient été livrées dans un autre bureau, occasionnant parfois une belle pagaille et des retards de deux à trois heures dans l’ouverture du centre de vote.

Des incidents à la marge, minimise Youssouf Bakayoko, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), mais qui ont tout de même obligé la commission à prolonger l’horaire d’ouverture des bureaux concernés de deux heures pour permettre à tout le monde d’aller voter.

« Dans l’ensemble les élections se sont déroulées dans de très bonnes conditions, estime aussi Frédéric Goré Bi, chargé de communication de la plateforme de la société civile Peace-CI, qui avait déployé 2 000 observateurs à travers le pays. Selon lui, les incidents divers « ne sont pas en mesure de remettre en cause la valeur du scrutin. Ces élections ont été crédibles, elles ont été transparentes, elles ont été apaisées », assure-t-il.

Ces dysfonctionnements ont quelque peu occulté l’autre grande question de la journée : le taux de participation à ce premier tour de la présidentielle. La commission a anoncé ce lundi qu'il était de 60 %. Le dépouillement a commencé dimanche dès la fermeture des bureaux de vote et désormais les Ivoiriens attendent les résultats.

Réécouter l'édition spéciale du lundi 26 octobre, consacrée à l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire
26-10-2015


■ « On a voté paisiblement »

A Divo, ville située entre Abidjan et Gagnoa, pas d'incident à signaler. Daniel et sa famille ont été parmi les premiers à voter, sans encombre. « On est parti ce matin de bonne heure, on était les premiers à voter, vers 7h30. Dans le lieu où j’étais, beaucoup de monde a voté et il n’y a pas eu de problème. On a voté paisiblement quoi », rapporte-t-il.

A Bouaké, au centre du pays, l'affluence semble avoir été plus forte le matin que le reste de la journée. C'est ce qu'ont constaté Penda et son mari, tous deux inscrits dans le quartier de N'Gattakro. Malgré quelques dysfonctionnements, Penda se félicite du déroulement du scrutin. « Notre bureau de vote a été ouvert à 8h30. Je crois que certains ont dû ouvrir un peu plus tard parce qu’il y a eu quelques problèmes avec le petit appareil électronique et donc tous les bureaux n’ont pas commencé en même temps, témoigne-t-elle. Mais ça a été très calme, il y avait quand même une petite affluence. Il y avait les listes d’émargement et l’encre indélébile, les forces de l’ordre étaient là. Tout était réuni. Tout s’est passé dans le calme à Bouaké. »

Mêmes problèmes de matériel et même retard à Yamoussoukro, mais toujours un vote dans le calme. Youssouf Bachadi de l'ONG Cercle mondial Jean Hélène a parcouru plusieurs bureaux de la capitale : « Il y a eu quelques petits problèmes d’appareils qui consistent à relever les empreintes biométriques, explique-t-il. Vu que cela a entraîné une sorte de retard, on a donc demandé à la CEI de permettre aux électeurs de voter en utilisant les listes d’émargement comme cela s’est fait dans l’élection précédente. »

Pour pallier ces retards, les bureaux qui ont ouvert avec plus d'une heure de retard ont donc vu leur fermeture repoussée de 17 à 19h par la commission électorale.