Afrique du Sud: mobilisation sans précédent des partisans de Julius Malema

Des dizaines de millier de partisans de Julius Malema ont manifesté contre la politique libérale du gouvernement, à Johannesburg, le 27 octobre 2015.
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Plus de 40 mille personnes ont défilé mardi 27 octobre dans les rues de Johannesburg. Des sympathisants du leader populiste Julius Malema et de son parti les Combattants pour la liberté économique. Une mobilisation contre la politique du gouvernement jugée trop libérale. En tout cas, pas un incident, une impressionnante foule toute vêtue de rouge s’est dirigée vers Sandton, le quartier des affaires.  

C'est un véritable raz-de-marée qui a déferlé dans les rues de Johannesburg. Des milliers de manifestants vêtus de t-shirts, de combinaison d'ouvriers et de bérets rouges, emblème du parti de Julius Malema. Une manifestation contre la politique économique du gouvernement jugée trop libérale, contre la corruption, contre le parti au pouvoir, contre le monopole. 

« Aujourd'hui notre combat est dirigé vers le capitalisme blanc qui couche dans le même lit que l'ANC. Aujourd'hui nous allons mettre en garde ce capitalisme blanc, vous avez soutenu l'apartheid, et aujourd'hui vous soutenez l'apartheid de l'ANC. Vos jours sont comptés », martèle Julius Malema dans son discours.

Malema aura réussi a mobiliser plusieurs dizaines de milliers de personnes. Un exploit, signe d’un véritable mécontentement chez les plus pauvres. La marche est partie du centre populaire de Johannesburg pour se terminer dans le quartier financier 16 km plus loin.

Devant la Bourse, protégée par des centaines de policiers, Malema s’est adressé à la présidente de la Bourse, qui est courageusement descendue dans la rue pour recevoir une liste de revendications.

« Nous sommes peut-être sales et pauvres à vos yeux, mais nous sommes des êtres humains. Nous voulons être traités avec respect. Nous venons des bidonvilles, nous sommes la jeunesse au chômage, nous souffrons tous les jours. Nous vous voyons manger tout en continuant d’exclure la majorité noire. S’il vous plaît, ouvrez les portes, laissez tout le monde avoir une part du gâteau. C’est un gros gâteau. Nous ne disons pas que ce gâteau doit passer des mains des blancs aux mains des noirs, nous disons juste qu’il doit être partagé entre nous ».

Parmi les demandes : un salaire minimum, l’ouverture du capital des entreprises à des dirigeants noirs, l’arrêt de la fuite des capitaux ou alors la nationalisation des mines.

En tout cas l'ampleur de la marche a pris tout le monde par surprise. C'est sans aucun doute la plus grosse manifestation de ces dernières années.