La dépénalisation de l’homosexualité n'est pas d’actualité au Sénégal

Comme lors de la venue de Barack Obama à Dakar, Macky Sall est resté ferme sur la question de l'homosexualité.
© AFP PHOTO / SEYLLOU

Macky Sall est en France pour participer ce mardi au 2e Forum économique de la francophonie. Dans ce cadre, le chef de l'Etat sénégalais a accordé un entretien à la chaîne d'information iTELE. Croissance, terrorisme, dossier Karim Wade… Tous les sujets ont été abordés et notamment celui de l'homosexualité. Comme il l'avait affirmé lors de la venue de Barack Obama à Dakar, Macky Sall est resté ferme sur sa position.

Ce lundi, la photo du président s'affichait en Une de tous les grands quotidiens du Sénégal. « Homosexualité : Macky livre le fond de sa pensée », titrait l'un d'eux. « La dépénalisation de l'homosexualité pas à l'ordre du jour », indique un autre.

Et dans les rues de Dakar, la position ferme du chef de l'Etat est le plus souvent soutenue. « Je le soutiens parce qu’il a parfaitement raison, approuve cette Dakaroise. La société sénégalaise n’est pas encore préparée à ça. Il faut du temps, tout simplement. »

Djamil Bangoura est président de l'association Prudence, qui défent les droits des homosexuels. Pour lui, Macky Sall doit protéger les minorités. « Il est le président de tout le monde, il faut qu’il sache que ces minorités-là, on doit vraiment les respecter, souligne-t-il. On ne peut pas réprimer une toute petite partie à cause d’une grande partie. »

Une société divisée

Djamil Bangoura évoque les membres de la communauté musulmane qui dans leur grande majorité, et comme de nombreux chrétiens, estiment que l'homosexualité est contre-nature. C'est l'argument le plus entendu à Dakar. « Non, notre coutume et notre religion ne nous permet pas de l’accepter, appuie ce Sénégalais. Nous sommes musulmans, c’est interdit par la religion musulmane. »

Fatou, lesbienne, entend la société, les propos parfois haineux contre les homosexuels, mais elle appelle avant tout à la tolérance. « Dans la vie, on est tous égaux et chacun a le droit de vivre, chacun a le droit d’avoir du respect, explique-t-elle. Ce que la nature a construit, je crois que l’homme doit l’accepter parce que ça, c’est le monde. »

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