Procès Hissène Habré: vers un report du verdict

Face au nombre et à la durée des auditions, la fin du procès d'Hissène Habré (ici en juillet 2013 à Dakar) n'est pas attendu avant début 2016.
© AFP/Stringer

A Dakar, le procès d'Hissène Habré se poursuit. L'ancien président du Tchad est soupçonné notamment de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre durant son règne entre 1982 et 1990. Lorsqu'il s'est ouvert, la date du 28 octobre avait été fixée pour le verdict. Mais ce procès exceptionnel - pour la première, un ancien président africain est jugé par une Cour africaine - est loin d'être terminé et, pour connaître le verdict, il faudra s'armer de patience.

Les immenses travées du tribunal de Dakar n'ont pas fini de résonner. Tous ceux qui participent s'accordent sur la bonne organisation du procès Hissène Habré, malgré des moyens limités. Ce qui est plus difficile à gérer, c'est la durée des auditions des témoins. Il y en a plus de cent prévues sur une journée, dont certaines se sont allongées sur deux, voire trois jours.

Conséquence directe, il ne faut pas s'attendre à un verdict avant début 2016, explique Marcel Mendy, le porte-parole des Chambres africaines extraordinaires. « Comme vous le savez, le temps judiciaire n’est pas le temps médiatique, et donc nous nous attendons que la fin du procès se fasse début 2016. »

Ce que craint Jacqueline Moudeina, l'une des avocates des victimes, c'est que la Cour décide d'annuler les auditions de certains témoins pour gagner du temps. « On a bien peur qu’on nous court-circuite à un moment donné. Qu’on nous dise "bon il ne reste plus assez de temps, il va falloir trier". Alors que c’est déjà un tri ! C’est juste 100 personnes qui ont été désignées par le procureur général. Tout cela nous inquiète. »

Une solution envisagée par la Cour : limiter la durée des dépositions des témoins. « Cela est contraire au droit », explique un observateur qui conclut « la Cour ne travaille que quatre jours par semaine, et a posé une semaine de vacances à partir de jeudi soir. S'il y a du temps à gagner, c'est peut-être là ».