Congo-Brazzaville: après le référendum, quel avenir pour le dialogue?

Le président congolais Denis Sassou Nguesso vote lors du référendum du 25 octobre 2015.
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L'opposition dénonce les résultats du référendum. Les dirigeants du Frocad, le front anti-référendum, appellent à la poursuite de la désobéissance civile, tandis que le gouvernement et le parti au pouvoir exhortent l'opposition à reprendre le dialogue. De quoi seront fait ces lendemains de scrutin au Congo, alors que certains diplomates redoutent des violences ?

Denis Sassou-Nguesso a obtenu ce qu'il attendait. Une victoire au référendum. Mais le dialogue avec son opposition est pour l'instant rompu. Plus grave, les leaders du Frocad, le front anti-référendum, rejettent en bloc les résultats et promettent de poursuivre le mouvement de désobéissance civile.

On ne sait pas encore quelle forme prendra ce mouvement, les chefs de l'opposition doivent encore en fixer les modalités. Au sein de l'opposition les plus durs comme Mathias Dzon parlent « d'un coup d'Etat constitutionnel » et souhaitent que l'Union africaine se prononce sur l'organisation et les résultats du référendum. Pour l'heure l'UA est silencieuse. Une frange de l'opposition va donc chercher par tous les moyens à obtenir une condamnation internationale du régime Sassou-Nguesso.

Ce qu’il [Sassou-Nguesso] vient de faire, c’est ça le facteur de violences. Il faut supprimer les facteurs de violences, c’est-à-dire le référendum, ses résultats, la nouvelle Constitution…
Mathias Dzon
28-10-2015 - Par Olivier Rogez

Mais à moyen terme, l'opposition peut-elle persister dans son refus du dialogue ? Le régime ne le croit pas et a déjà lancé des appels du pied. Ainsi Pierre Ngolo, le secrétaire général du PCT, le parti de Sassou-Nguesso, appelle les opposants à venir débattre de la gouvernance démocratique. « On peut parler de tout, sauf du référendum », dit-il.

Le référendum a eu lieu, (…) dont il convient que les uns et les autres prennent acte. Mais dans le reste, nous servons la République, avec les autres. Et nous sommes partisans du dialogue.
Pierre Ngolo
28-10-2015 - Par Olivier Rogez

Un dialogue que souhaitent aussi les diplomates, qui redoutent que ce référendum constitutionnel ne plonge le pays dans un nouveau cycle de violence.