RDC: l'appel de la société civile pour la reprise du dialogue politique

Le président congolais Joseph Kabila, à Kampala en 2013.
© REUTERS/James Akena

Pas de calendrier électoral ; absence de consensus sur la nature des élections à tenir en priorité, ou la manière de les organiser. En République démocratique du Congo, à un an de la présidentielle, des acteurs de la société civile tirent la sonnette d'alarme et lancent un manifeste « pour le salut de la nation par un dialogue citoyen ».

Les signataires comptent aller voir l'ensemble des partis politiques du pays pour les faire adhérer à leur pacte républicain et relancer le dialogue. Selon les sept organisations qui ont rédigé cet appel, il faut que l'opposition et le pouvoir s'assoient autour d'une table et se mettent d'accord rapidement sur les élections, d'ici le délai constitutionnel de novembre 2016.

Pourquoi ? « Le processus électoral est dans l’impasse aujourd’hui, répond Tshivis Thsivuadi, représentant de l'organisation Journaliste en danger et à l'initiative de ce manifeste. Nous n’avons pas de calendrier, il n’y a pas d’échéance électorale. La Céni est totalement paralysée ! Et donc, on ne sait pas de quoi demain sera fait, et tout le monde parle de glissement, tout le monde parle de délai constitutionnel. On oublie qu’il nous reste à peine 11 à 12 mois avant qu’on n'arrive à des échéances capitales.

Et on n’a pas un calendrier, on n’a pas des échéances ! Nous constatons que lorsque Kabila appelle au dialogue, l’opposition dit : ' Nous ne venons pas, parce que c’est un piège pour un glissement. ' Et lorsque l’opposition parle de son dialogue sous la médiation de la communauté internationale, le pouvoir en place refuse en disant que c’est un complot de l’opposition.

Entre ces deux propositions, nous, la société civile, nous avons vocation à jouer un peu le rôle d’une force tampon pour essayer de rapprocher les vues, essayer de les aider à renouer le fil du dialogue. Tout le monde parle de l’alternance au pouvoir, et si nous voulons avoir cette alternance pacifique, je crois qu’il est temps, et plus que temps, qu’on puisse commencer à parler et redémarrer le processus. »