Grève des étudiants: vif débat sur l’éducation en Afrique du Sud

Les étudiants grévistes interrompent un cours à l'université de Witswatersrand, le 28 octobre 2015.
© AFP/Zinyange Auntony

En Afrique du sud, certaines universités ont rouvert leurs portes hier mercredi, après dix jours de manifestations étudiantes. Les étudiants protestaient contre une hausse prévue de plus de 10% des frais d'inscription à l'université, hausse annulée par le président Zuma mais le débat sur l'éducation n'est pas clos.

avec notre correspondante à Johannesburg, Alexandra Brangeon

Vendredi dernier, le président Zuma annonçait que les frais scolaires pour l'année 2016 ne seraient pas augmentés. Mais certains étudiants demandent désormais une éducation gratuite pour tous. Mardi, le ministre de l'Education, Blade Nzimande a ouvert le débat au Parlement sur le financement des universités et il s'est fait tancé.

Pour Blade Nzimande, le gouvernement est victime de son propre succès : le nombre d'étudiant inscrit à l'université a doublé depuis 1994 quand l'ANC a pris le pouvoir.
Aujourd'hui environ 800 milles jeunes sont inscrits à la fac et il va falloir réfléchir à de nouvelles sources de financement. Pour Blade Nzimande, le secteur privé doit être mis à contribution. « Notre pays a assez d'argent pour financer une éducation gratuite pour les pauvres. Mais le problème c'est que ces ressources se trouvent dans le secteur privé et non dans le budget du gouvernement. Je pense que le gouvernement doit avoir la volonté politique de taxer les riches pour financer l'éducation supérieure. »

L'opposition rétorque que le financement de l'université est un choix politique. « Il est clair que la priorité de l'ANC est de financer une banque pour les pays du Brics, plutôt que d'ouvrir les portes de l'université à nos étudiants, lance Mmusi Maimane, leader de l'Alliance Démocratique. Il est clair que les 69 millions de rands supplémentaires alloués pour la sécurité des membres de ce gouvernement est une priorité pour l'ANC.
Vous êtes là pour vous servir, plutôt que de servir les étudiants de ce pays.
»

L'opposition rappelle qu'aujourd'hui seul 0,75% du Produit intérieur brut est alloué à l'éducation supérieure alors que l'ANC s'est engagé en arrivant au pouvoir à mettre en place une éducation gratuite pour tous.