Côte d'Ivoire: après l'élection, un paysage politique en mutation ?

Le président ivoirien Alassane Ouattara (G) au côté de son allié, l'ancien chef de l'Etat, Henri Konan Bédié, le 27 octobre.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU

Aux yeux des observateurs, l’élection en Côte d’Ivoire est d’abord le triomphe d’Alassane Ouattara, réélu avec près de 84% des voix. Mais au-delà, le prochain quinquennat qui s’annonce pourrait être aussi celui de la recomposition du paysage politique ivoirien.

Dès la semaine prochaine, Alassane Ouattara veut, avec son grand allié l’ex-président Henri Konan Bédié, poser les jalons d’un nouveau parti, le RHDP, qui ne serait plus une coalition de circonstances mais un appareil politique à part entière.

Pour cela il va falloir que le RDR, son propre parti, se fonde dans un moule dont on ne connait pas encore les contours et surtout que le PDCI-RDA, le parti historique d’Houphouët-Boigny, renonce à un héritage lourd au nom de cette fusion politique et stratégique. Au vu de certaines réactions épidermique après l’appel de Daoukro, il n’est pas évident que cela se passe sans heurts, ni crise de nerfs.

Mais si le duo Ouattara-Bedié a ses problèmes, Pascal Affi N’Guessan a lui aussi son lot de difficultés. Le président de la troisième force politique de Côte d’Ivoire, le FPI de Laurent Gbagbo, ne peut pas sortir sans séquelles du K.O. que vient de lui infliger Ouattara.

« 9,30 % des voix c’est bien, affirme l’ex-Premier ministre, pour un parti en pleine reconstruction ». Mais ce chiffre c’est aussi la facture à payer suite aux appels au boycott de ses détracteurs au sein du parti.

Pour Affi N’Guessan, il va être impératif d’accélérer le travail de réconciliation entre les tendances du FPI si celui-ci ne veut pas, pour les prochaines législatives, prendre de nouveau une leçon de boxe dispensée par ses adversaires.

C’est pas du tout un échec, parce que nous aurions pu ne pas être présents à ces élections, compte tenu du niveau d’affaiblissement dans lequel nous nous trouvions jusqu’en 2013.
Pascal Affi N'Guessan
29-10-2015 - Par Frédéric Garat